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PIANO AVEC DIDIER SQUIBAN  - EVASION AZUREENNE _

 

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... Une gigantesque coulée de lave aurait flué vers la mer et se serait figée ! La terre  et les blocs  porphyroïdes rougeoyant sur l'azur, parcourus de moutons aux panaches cardés. La végétation, là-bas, est une ode à la forêt vierge et aux parfums musqués d'Orient ; le genèvrier à larges baies et le pigeon bizet se partagent les faveurs du Levant. Je sais la source chantante et le sablon doré que bercent l'arbousier et le myrtier. Assaut de la mer vers les cieux, dévalement des terres vers la mer : comment évoquer avec des mots pareilles poésies ? 

 

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D'étranges  tombants soulignent  en tonnant la mer   tyrrhénienne ; un vent glacé cingle et dévale le long de l'Île de Corse. La lumière du soleil bas de l'hiver joue entre les nuages sombres de la tramontane et tous les sommets de la terre pointant l'infini. Ainsi des collines vers les cimes, les camaïeux  de la mer et du ciel n'en deviennent que plus profonds. Chutant, abruptes au-dessus des flots,  les ères géologiques  primitives ou primaires convolent. Le granit et la craie, entre albâtre et métamorphisme s'accordent aux bleuités de la Grande Bleue. Les vagues n'en finissent plus de dérouler, scandant le temps immuable des étoiles. Les oiseaux de mer,  sternes naines, cols blancs, aigrettes blanches, cormorans assurent ici leur subsistance. Leur vol témoigne d'une sérénité que rien ne semble troubler. Il est des desseins et des royaumes minéraux ineffables ;  splendeur, unicité suffisent ! Et pourtant, sommes-nous à ce point fascinés, émerveillés en regardant toutes les fois ces havres où harmonie et composition  suggèrent l'oeuvre de l'au-delà, encore et toujours plus familière et attachante ?

Il est hélas et aussi des volontés capables de tout détruire, d'araser et de décapiter une colline et ses tombants afin que trône le règne ostentatoire de la richesse et du pouvoir ; contre- Nature ! Nous ne mesurerons jamais combien ces horizons sont riches et porteurs de prospérités, de vraies richesses, je veux dire : celles de la Terre souveraine et intacte. Je pense également à toute architecture qui, en de tels lieux, se fonderait avec la roche locale, délicatement prélevée là où rien ne le supposerait !

Une sorte d'Urbanisme Insulaire Moderne et à la fois ancestral où se dessineraient de suite les contours d'une Insularité sans pareille ; une sorte de nouvelle authenticité que la Modernité éclairée et respectueuse de tous les terroirs et spécifités géographiques et culturelles répandrait avec mesure, soins, et bien sûr respect des rivages...

MARIN 

  

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