GWENDAL 

 

Je m'abîmerai dans l'iris d'un Océan
Chrysalide opalescente  mue et nu
L'espace d'un éclair   d'une énigme
En cet oeil sans visage qu'est le vent

Ainsi la barque à l'ancre une voile
Autour de cette île baignée d'azur
Comme un songe unique et si vrai
Au poème de la mer  vague à jamais
En dansant la folie claire des ombres

Et d'aucuns  tout autour  ne sauront
Que ce regard qui m'absente   lointainement
Nous contemple déjà depuis fort longtemps

Ainsi de ce petit être   dans mes bras
Qui s'en est allé   Son étoile un sourire
Dans la nuit lactée auront passé
A travers les mailles du vaste silence
Délaissant allégé  l'erre tonnante des multitudes

Mais des horizons  du tumulte que le vol
Gracieux de la sterne naine ressuscite
Perdurent sains  un souffle  la trace d'une voix

J'abandonne aux flots l'encre amère
Et les rébus de nos lourdes empreintes
La Nuit Obscure fredonne
Sans fin la dérive des racines et du lien
Le nom d'un petit enfant dont vaguement
Il me souvient  Une âme qui veillait l'écueil

J'ai rejoint le vertige des longues houles
Leurs cascades en délires qui fleurissent
Vers l'autre rive   Une pensée m'apprivoise

§

MARIN - à bord d'une Folie - 

 

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