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Vestiges, villages magnifiques et de caractère juchés sur les promontoires rocheux et  qu'un environnement austère, presque  rude isolait depuis des siècles ! ces temps-là ne sont plus, mais ils demeurent, comme figés dans la pierre rouge, verte, blanche... Joyaux que l'on vient découvrir, de partout ! et pour causes ...  A l'époque, sur ce cliché, parfaitement intégrés à la Terre du schiste vert ;  malgré des manquements évidents et des causes de nuisances sur l'environnment ! certes,  l'époque évoluait lentement. Mais,   démographie, conception de l'habitat, matériaux, structures sociales, architectures, exploitations  d'antan ne recouvraient pas l'ampleur terrifiante que ces aspects développent de nos jours ; ils  restaient  "raisonnables ", dans le sens de la mesure et de la sobriété. Ils s'intégraient, ne juraient pas dans le Paysage  Insulaire ... Sobriété, Mesure, Economie, là était la sagesse de nos Anciens qui misaient toujours sur l'avenir, les ressources. Ils donnaient à Notre Terre son Caractère, il laissèrent une profonde marque que la modernité peu à peu recouvre et domine

 

 BARBARA FURTUNA / AD AMORE 

 

 

 

Parlons un peu  d'Environnement,  d'Aménagement du Territoire, de ces écarts entre le dire et le faire qui polluent et souillent si souvent ! Évoquons les conquêtes du présent sur l'avenir, le passé, la mémoire qui n'est, hélas ! que l'ombre fantomatique et spectrale d'un patrimoine voué à la destruction lente et progressive, à la défiguration irréversible comme  pernicieuse d'un quotidien vorace à tous les niveaux de l'activité humaine qui ne saurait ne pas laisser de traces indélébiles.

L'Environnement, l'Aménagement  du Territoire, nous n'auront de cesse de le répéter :  ces deux pôles ne se réduisent  pas  à quelques enclaves protégées, aussi vastes soient-elles, à une politique à 10 vitesses où l'on laisserait d'un côté le développement tout azimuts régner, et de l'autre, la réserve, le parc, l'espace remarquable, juste proche, voisin, préservant ce qu'il pourrait rester d'une  cohabitation hybride, anachronique, sachant que l'intention et la réalisation demeurent plus que salutaires et louables au regard des moyens qui sont alloués à ces  organismes ! ils devraient être revus très largement à la hausse, leurs missions est essentielle ...

Attitude insensée et suicidaire de nos modèles de sociétés, lorsque l'on mesure à quelle vitesse se répand le chancre  du dit Progrès,  dès que celui-ci  n'est plus maîtrisé ou si peu... La Nature et le Milieu qui nous hébergent ne valent pas le sort que nous leur infligeons depuis plus de deux siècles, sachant que les atteintes croissent et se multiplient de façon exponentielle, malgré des efforts notables et une prise de conscience avérée mais non majoritaire des pouvoirs publics.

 

POURQUOI CE POST 

 

Tout simplement, parce qu'avec force décennies, observations, constats sur Sites, la situation sur le sujet et le terrain  est alarmante  ! Il ne saurait y avoir de développement durable, de préservation, de régulation sensée, raisonnable et mesurée de nos espaces de vie sans un contrôle drastique doublé d'un accompagnement incitateur à proposer à l'Initiative privée, à la propriété privée, à la gestion et à l'occupation des sols, quels qu'ils soient ; et cela, médié par  un collège décisionnel fortement charpenté, avec études d'impact à la clé, systématiques, sujettes à évolution.

Si celui-ci dérange, alors qu'il soit soumis au débat d'idées, revu et corrigé, développé ou tout simplement déclaré inutile et vain !

 

L'INDIVIDUALISATION DE L'HABITAT

 

Antinomique par rapport aux  us et coutumes d'antan qui voyaient les habitants se regrouper dans les  hameaux et les villages, udicieusement implantés. Nous assistons de plus en plus à la dissémination de celui-ci, impactant fortement l'Environnement et le cadre même de vie,  en uniformisant l'espace urbain qui s'étend au rural et à la périphérie. Il serait à comparer au phénomène de  l'Automobile, c'est à dire à une croissance infinie, non contrôlable des villes. Bientôt, comme les bouchons des départs en vacances, les villes se répandront, se toucheront ! 

 Ce phénomène, dans certaines régions à fortes valeurs ajoutées immobilières et saisonnières, témoigne de bien des dérives par  accaparements d'espaces naturels, au-delà même des dispositions réglementaires régissant le code d'urbanisme et la loi  littorale. C'est un fait aujourd'hui établi, souvent dénoncé, combattu. Mais plus encore, nous constatons que les campagnes, le milieu typiquement  rural en général subit aussi de sévères atteintes.

Cependant, nous n'évoquerons pas  les systèmes d'exploitations opérants actuels en eux-mêmes et leurs logiques de marchés !  penchons-nous  sur ce qu'il reste des occupations anciennes et passées, sur les domaines actuellement exploités d'un point de vue strictement environnemental et d'un nouveau cadre de vie galopant, éparpillé sur des distances insensées, anarchiquement. On peut produire, construire mais  il faut en même temps préserver, protéger, intégrer en innovant, masquer le  " moche " inévitable.

Tandis que des milliers d'hectares restent en friches, couverts de maquis et de ronces, combien sont  les exploitations négligeant l'environnement pour le tout produire sans égard aux dispositions d'intégration, de propreté, d'esthétique souhaitables et qui, à n'en point douter, agrémenteraient le paysage s'ils venaient à respecter un minimum de régles, de devoirs envers le terroir qui les abrite.

Il est pourtant en ce domaine des entreprises exemplaires, vertes,  ( notamment dans la Vallée de L'Urtulu, pour ne citer qu'elle, mais dans le Cap, en Balagna, bien des exemples seraient à citer pour leurs efforts méritants et probants en matière d'intégration aux paysages ) ; il ne peut y avoir deux poids, deux mesures ... La communauté  se doit d'avancer d'un commun accord, aller dans un même sens et réfléchir pour agir sans tarder avec la population ! Tout le monde compte, sachons oeuvrer ensemble vers les mêmes objectifs.

Il existe également quelques unités de productions, dans certaines vallées, qui en imposent favorablement et veillent à se fondre harmonieusement, sans perdre en efficacité économique, au milieu traditionnel et authentique ! Question de choix mais aussi de respect envers la terre. Leur nombre s'accroît, pour le meilleur.

 

L'EXCROISSANCE HIDEUSE  ET L'HYDRE ROUTIER

Comment faire de la route sur notre Île un moment privilégié de découverte et d'agréement ? cela, quel que soit le Niveau de fréquentation des axes...

LA ROUTE OU LE DEFILE DE TOUTES LES LAIDEURS

Sur ce point, le désastre est total, l'anarchie tutélaire, les conséquences catastrophiques !

A quand une banlieue de Bastia à  Bonifacio, de villages en villages ?  Des milliers d'affiches, de panneaux qui s'entremêlent avec les câbles, les poteaux,  les regroupements sauvages de poubelles, des dépotoires au sein même de propriétés et visibles, des édifices de bétons en ruines et désafectés, des hangars partout dressés, moches, des clotures infames, des tas de gravas, des unités de production, de distribution et d'exploitation entassant sur des hectares  de mètres carrés  matériaux et engins hors d'usage sur fonds de montagnes dévastées par des carrières à versants ouverts, pneus, ferrailles, etc !...  C'est là le lot du voyageur qui se demande dans quel contrée il se trouve ???

 Mais où va-t-on ainsi, comment cela reste-t-il possible ?  Quel est ce locataire qui s'accapare et détruit tout sur son passage sans se soucier  de réhabiliter les lieux de manière  appropriée ? 

Casses et parcs autos, entrepôts en tout genres, maisons particulières colonisant et mitant  sur d'immenses étendues les horizons sans le moindre souci de lotir, de regrouper, le tout dans un méli-mélo de styles et d'ouvrages aux concepts et matériaux  hybrides, sans plus  aucun cachet ni caractère, des murs d'enceintes horribles en parpaings aux pays des pierres traditionnelles ? Lamentable laisser - aller !

De rares initiatives et attaches aux bâtis du pays, pourtant si riches, subsistent, mais ne dominent plus   : la Corse deviendra-t-elle ainsi  Banlieues uniformes, autour des axes routiers majeurs, puis secondaires, sur des dizaines de Kms, au pourtour des villages si souvent endommagés, aux abords - dépotoirs :  tant d'anachronismes architecturaux au pays de la pierre blanche, rousse, grise, verte ! ... Comment cerner  les responsabilités d'un tel constat, contrer ce fléau de l'extension tentaculaire et uniforme alors que tout invite à la différenciation, à la spécificité, à la qualité, au plaisir du regard ? 

C'est un Coup de Gueule, certainement et il en faut !

Le pli est pourtant pris. Aurions-nous le temps et les moyens de recouvrer le sens de la mesure !  c'est la grand messe de l'essor  insidieux et non durable puisque que l'étant et l'acquis disparaissent ou sont sauvagement mutilés, comme si nous vivions à notre tour et  en certains lieux les heures noires des corons, des vallées minières de l'hexagone.

 

LE JEU  DES PAPARAZZIS DE L'IMAGE NATURE 

 

Ceux-là ont en effet pour missions de valoriser le beau, l'authentique, le faire-valoir et les vitrines en cachant la laideur ! Mais qui dit Paysage, Authenticité, Environnment, Préservation, Spécificité, Progrès, Modernité  doit aussi deviser de manière forte et probante en matière de bâtis, d'intégration, de respect de la Terre, fût-elle privée et publique, pour le bien commun et à long terme, les générations futures !  Il ne suffit pas de faire du fric avec l'image, il faut débattre et dire ce qui doit accompagner l'image et l'Art visuel : c'est - là un devoir !

Les Anciens nous ont légué un patrimoine que des centaines de milliers de personnes viennent admirer et rechercher ! N'étaient-ils pas productifs, efficaces, autonomes pour autant ?  certainement que oui  !..

A chaque niveau de l'organisation et de la gestion  humaine des espaces, des projets, il devrait  être instauré un cahier des charges dont le suivi incomberait à tout un chacun, comme cela se fait en matière de lutte contre les incendies dans les propriétés, aux abords des communes, sur les terres collectives. Nous aurions des devoirs, notamment en qualité de propriétaires détenteurs d'espaces à préserver et laissés à la vue, au regard du reste du monde ! Ce principe très simple suffirait déjà à juguler les abus, le laisser - aller ! Une incitation à l'intégration, échelonnée, récompensée, mise en avant... Cela se fait et se voit, il convient de l'étendre, de le généraliser ;  les communes devant être hautement incitatives et veiller de très très près. Les mentalités  bougeront ainsi favorablement, car comment concevoir un avenir à l'aune exclusive de l'Individu, concilier son développement et l'essor démographique, tant de migrations estivales, la prolifération des loisirs  sans Impacter très fortement le Milieu, si les décideurs ne cadrent plus le rouage et les dérapages ? 

 

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UNE EQUATION DIFFICILE ET COMPLEXE 

 

Plusieurs inconnues, nous le savons ! Une navigation en eau trouble, certainement ... Mais l'enjeu doit être clairement défini ! Que souhaitons-nous faire, entreprendre, pérenniser ? Comment associer sciemment  l'activité culturelle, l'activité professionnelle, leur impact environnemental, le devenir à terme de l'interface Mer - Terre, Terre-Montagne, ici, en Corse, Mer - Montagne ?  

_ Renforcer l'extension de l'épidémie, de la Pandémie du  Tout béton crépis  ou alors redonner à la Terre, aux traits multiples et variés de Côtes, aux villages,  aux vallées de moyenne montagne leurs visages d'Antan, avec ce supplément de modernité éclairée, souhaitable ? 

_ Tout mettre en oeuvre pour intégrer l'homme dans son Milieu Naturel ou l'Inverse ? Faire plier et soumettre  la Nature aux exigences des hommes et de leurs systèmes  d'exploitations, ou agir en posant les principes directeurs réels d'une osmose favorable et porteuse de fruits ?...

 Reléguer l'assistance et le soin portés au milieu naturel constituerait  là une voie suicidaire  et irréversible qui nous condamnerait à tout perdre, à uniformiser  notre Cadre de vie exceptionnel, l'idée ou le concept même de spécificité géographique, d'entité insulaire caractéristique et actuellement, encore et toujours viable

!

_  Intégrer les pratiques économiques et culturelles au sein d'un Environnement à la fois préservé mais aussi mis en valeur et accessible, capable de les héberger sans nuisances : oui ! Des  innovations respectueuses du devenir  des choses et de l'Etant, sans artifices ni stratégies trompeuses ?...

Oui ! certainement, les pouvoirs publics, les acteurs économiques, les chercheurs et les théoriciens de l'Environnment durable en ont  les moyens, l'opportunité ; c'est là une question de choix, de priorités, d'exigences et d'excellence en matière de politiques d'aménagement. Ainsi, bien des enclaves, des lieux, des domaines, de vastes espaces sauront concilier Habitat, Cadre de vie, Qualité de vie, Loisirs Nature et développement autour de Pôles oscillant entre  davantage de prise de conscience, de réalisme, d'efficience sur le terrain de l'harmonie Nature-Homme.

Mais de grâce, STOP, ASSEZ de destructions, d'exploitations sauvages sans aucune garanties de préservation et de conservation de l'esthétique et de la pureté originelle de nos sites ! car on voit bien que la Nature en Beauté rime souvent avec la Richesse, s'exporte, s'isole, souvent indifférente ! ... Donnons-nous les moyens en généralisant ces avantages à l'ensemble.

Que la Nature en beauté ne soit pas l'apannage d'une seule enclave, aux dépens de l'étendue  et la diversité des territoires originels, du bien commun floué. Que  le Progrès technique vole justement au secours de ces balafres innommables, des câbles électriques qui partout lacèrent le paysage, de ces axes routiers scindant et tranchant de merveilleux tombants et caps  vers la mer, ces constructions illicites détruites et trônant sur leurs ruines horribles, etc ! ... Il y aurait tant d'exemples édifiants, il y faudrait consacrer un ouvrage et des milliers de photos pour témoigner de l'impensable agression de l'homme  perpétrée contre les terres et le rivage dans leur intégralité.

Laisser vivre la Nature, s'y ménager certes une place afin de prospérer : oui !  Mais dans la stricte observance  des lois qui nous gouvernent et nous fondent. Îliens, plus que jamais, profondément attachés à une certaine idée de nos terroirs si variés et si nombreux, valorisant des savoirs -faire à la fois ancestraux et modernes, pour les plus nobles des mariages ! Ensemble, réhabilitons les traits de ces merveilleuses tutelles que sont la Mer et la Terre, les contours  d'un immense jardin, de mille petits univers, d'une petite planète voguant sur l'azur

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A SUIVRE / EN COURS 

Repris le 05.03.2015

 

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L'Île de CORSE :  les ors du granit baignés d'azur, une île de pierre et d'eau que les vents marient depuis l'infini !