PROFONDE_DEPRESSION_

 

 MARILLION

 

PROFONDE DEPRESSION
OUT OF THIS WORLD

 

Comme une empreinte
Une flèche en plein coeur
De l'onde marine   Emporté
Sur les vagues chenues
A l'empenne frémissante
Tu divagues   Marin   délirant
Par le choeur harmonieux
D'une profonde dépression
Qui creuse et qui déchaîne
Les vents fous de Borée
Tu hallucines tu délires
D'entre le bleu de la nuit
Et l'indigo de l'arc hyémal
Les puffins cernent un ciel 
D'allégeance  Marmoréen    Ô désespérance
Toi    dont l'aura de nuit   sans peine
Un jour naufragea   en conviant
L'humble vaisseau d'un rêve

Depuis l'écho tonnant des lames
L'appel des lourdes bourrasques
Marin   Quelles autres racines
Que l'horizon    Voilà que tu as froid
Je vois tout ce que tu m'apportes
De cris   de larmes et de silences
La réclusion n'est-elle pas prodigue
Comme l'unique amer vaudrait la foi
Trace ta route   Marin   viens avec moi
Lumineuse destinée que le cap
De ma clémence  et pour ultime port
Un phare sur l'écueil   nimbé de clarté
Livré aux harmoniques de l'écume
La blanche rapsodie de l'embrun
Noue en toi   sans fin   la liesse aux accords du chagrin

Le hâle sombre    l'oeil cave
J'ai revêtu pour nous      Marin
Les châles du deuil et de la solitude
Mes cieux sont si bas et ténébreux
Qu'ils laissent planer lourdement
L'âme soeur de nos vagues tourments
Ce linceul que chaque rafale arrache
Au dernier regard des vagues
Qui t'accompagnent   Marin
Intarissables et fidèles compagnes
Sous le baldaquin des nues pourpres
T'en souviendra-t-il ailleurs  depuis toujours 
Marin    Ne m'oublie pas   Reviens
J'ai de quoi t'abriter et te lover

Sur la terre que mes tempêtes dilacèrent
Il n'est plus que le doute ou la chute
Ainsi de t'arrimer à ma traîne dolente
Et de te t'élever vers les bleuités
Qui te destinent au-delà de tout
Marin   Tu le sais  En t'y rendant
Toutes les fois irrévocablement
Alors pourquoi le compromis
Obéir encore à la crainte insensée
Sois de notre long charroi   de ce déni
Hors du temps       fonde ta demeure
Lâche la bride     largue l'amarre
Accorde-toi la pente vertigineuse
De mes cimes au verdict opalin

C'est pourtant à l'orée du chaos
Que tu entrevois l'abîme d'un puits
Les linéaments sains de la vaste folie
Le lent décours de la délivrance
Est à portée de tes jeunes ailes
Vis et n'aie de chemin clair
Que l'ivresse de mes rudes accès
Qui t'obstinent et que jadis tu côtoyais
Comme la nuit hante les songes
Des décennies durant     La mort
Déjà  par les  signets du sort  veille 
Et t'exhorte hors de ce monde
Comme tu erres déjà en moi qui t'épargne encor 

Ne retrouves-tu pas en mes fards
Ce qui t'allège et te distance
De tous ces fardeaux de si mal durer
Ici bas le coeur grevé de peines
Va   Marin  Là où plus aucun lien
Ne saurait te raccrocher à l'étant
Inutilement blessé depuis perdu
Passager du vent   Décroches    fuis
Toi le grain insignifiant que soulève
Le grain blanc      les noires galernes

La mer ne garde rien des blessures
Elle qui referme tous les sillages
Et pansent les ecchymoses du large
Là-bas aux tréfonds du chant
Du poème maudit gorgé d'absinthe et d'opiats
Par tous les maux de la tendresse
Tranche  Marin   romps l'entrave
Hale l'ancre      double ces jetées
Le môle aux faux amis    les champs criblés
D'ordures et des suppliciés sans droits

Comme une allégorie   une supplique
Puisses-tu un jour embarquer
A bord des ciels que les vents marient
Et de tant de blancheurs et de puretés
T'alléger à jamais comme la sterne
Renaître comme on émerge de la transe
Des vagues aux nuages fascinants
J'ai résolument jeté un ineffable
Voile sur le visage de la liberté
Et de l'amour dont les palais en berne
Entonnent en boucle    Éternels psautiers
L'ode à la vie fidèle et vraie

Que sont devenus tes Petits Enfants
L'ombre spectrale de votre foyer
La musique des mots  écorche lorsque prime
Et ricoche le mensonge   en guise d'aveu
Comment  vont les petits Princes d'antan
Que signent  leurs questions
Laissées à jamais aux seuls répons
Inaudibles de l'azur et des rochers
Saches qu'en moi et à toujours
Elles rayonnent et mûrissent
Dans les transparences abyssales de l'absence
Tu le sais   Ne suis-je pas  la dénégation de l'oubli

En guise de baptême  de confession
Voici les arcanes labyrinthiques
Où réfugier l'abyssale angoisse
Un vent de révolte s'est emparé
Des rivages floués et tu vois le monde
Depuis la margelle du chasme
Sur fond d'apocalypse et de déluge
Point le retour  prophétique des dieux courroucés
Tu n'es déjà plus de ce monde   Marin
Tu es d'ailleurs    Des-possédés qui sait
Un brin de vérité une lueur oscille
Sur le front d'un océan qui vacille
De l'autre côté du monde   Embarque
A mon bord  avec ce profond mal de terre
Qui te mine  T'en souvient - il     Que reste-t-il
Marin   de tout ce qui ne fût ici bas
Que vaines vanités       Nous l'abîmerons

???

 

Ta demeure sera des champs du vent
Où éclosent même en plein jour
Tant de bouquets d'étoiles   les fleurs
D'un éternel printemps où vaguer
Ainsi de nos délires de nos vertiges
Aux cernes des saintes pensées du Ciel
Tu arrives   Entre spires et mirages
Nous mourrons d'avoir eu ensemble
Si mal aux mondes   d'avoir perdu
Un indicible plurivers et ses vergers d'azur

§ 

1 ère Ecriture  -  Sans doute, jamais, toujours ?  Comme un soupçon de conscience !... Mais sûrement, " Out Of This World  " ! En cours de pensers   

 

KING  _ MARILLION