FLORENCE_ARTHAUD_

 

"  ...   Je découvre les journées rythmées par les couchers de soleil ou les levers de lune, le temps suspendu, l'éternité de ces moments. Les étoiles, le ciel immense, la courbe de l'horizon, le monde sans fin , le murmure de l'océan, la compagnie des dauphins, le souffle des baleines. Tout est nouveau pour moi, tout a changé. Je me sens libre et légère. La terre ne me manque pas. Je viens de faire connaissance avec mon jardin secret, mon univers à moi..."

F. A

 

YANN THIERSEN

 - Un air de joie, parce qu'elle aimait la Vie et la Fête, comme les Marins !

 

Un visage, une passion, un rêve, une légende de la mer aussi qui emporte tout avec elle, dans ce tragique accident d'hélicopter !

Sort stupide pour un Marin. Un Marin pas comme les autres, plus grands que tous les autres, parce qu'elle était une Femme, Libre, jamais plus exaltée que sur les flots, entre deux rives, quels que soient les temps rudes et les traverseés. Une vie marquée par le destin, auquel elle croyait, sûrement ! Et puis, l'Univers des Marins, à part, que caractérise par trop souvent le silence, ces écarts, malgré elle qui la tenaient un peu plus loin d'un monde d'exigences et de rigueurs où la reconnaissance se paie très cher, loyal confiait-elle ... Mais la mer dicte, c'est ainsi, le regard en dira toujours plus que les mots, vains, inutiles, lorsqu'il s'agit de dialoguer avec l'immensité et les vagues. Grande admiratrice de Bernard Moitessier, d'Eric Tabarly, CORSICA...GO56, rend hommage à la Grande Navigatrice, à cette femme qui une nuit, au large du Cap Corse chuta de son voilier, en solitaire et par mer forte, sauvée in extremis par le centre de Secours de Bastia, au seuil de la noyade, de ce départ que redoute tous les marins en voyant filer leur bateau. Une Femme de la Mer qui a plusieurs reprises aura fait trembler les plus grands Marins en route vers la gloire de la Course au large. Une Femme, si petite, sur son immense Trimaran PIERRE 1er, une femme qui de plus en plus se vouait et se joignait aux mondes qui lui tendaient la main et pour lesquels elle s'investissait comme sur son voilier, libre et sans compter ! 

Laissons la Fiancée de l'Atlantique s'exprimer ; Extrait de son Livre paru aux Editions du Pen Duick - 1981 - 

CORSICA...GO56 

(... ) 

 

CE LIEN

http://www.voilesetvoiliers.com/ CE LIEN portraits/vague-a-larmes-florence-artaud-/

 

 

 

Mon univers de rêve qui me guide m'a donné un pouvoir de reconversion qu'il sera toujours temps de faire valoir. Je suis bien incapable de songer qu'un jour ce qui m'a fait battre mon coeur pendant des années ne pourra plus m'intéresser. Malgré tous les sacrifices que je fais pour continuer sur ma lancée, rien ne pourrait m'arrêter ni me décourager. C'est sans doute ce que l'on nomme " l'appel du large ".

Le large me paraît aujourd'hui moins extraordinaire et moins angoissant et je compte bien sur mon nouveau bateau pour provoquer de nouvelles palpitations. Mais peut-être ne gagnerai-je  jamais aucune épreuve. En navigaunt sur un bateau qui me donnera le potentiel de victoire, au départ,  peut-être m'inclinerai-je après les défaites en pensant : " Finalement j'ai échoué dans ma vocation et je suis un marin raté. " Honteuse, il me faudra trouver un nouveau terrain de prédilection, une nouvelle passion, où peut-être je me réaliserai mieux. Je pourrais faire de la peinture, de la couture, m'installer femme au foyer ou sombrer dans l'oubli, loin du monde qui m'a jugée, sous les cocotiers ?...

De pareilles idées ne m'effleurent que rarement car sans être sûre de moi je ne me laisse pas abattre facilement et je mène mon avenir comme une course instinctivement.

La mer m'a conquise et je suis perdue à tout jamais. N'envisageant aucun autre avenir immédiat, sans le bleu du ciel et de l'eau, je brûlerai donc mes années de jeunesse sur les flots, toujours ballotée par de nouveaux rêves de conquêtes, toujours nourrie d'air du temps. Le ciel aura creusé mon visage, la mer aura meurtri mes mains, le vent aura jauni mes cheveux et je finirai peut-être au coin du feu à conter les aventures de mon jeune temps à toute une nouvelle génération de bébé-coureurs.

Mais en attendant, la vie continue et la fête ne fait que commencer.

 

Florence ARTHAUD

Fin de l'Ouvrage

 

 

FLORENCE_ARTHAUD__MARIN_