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Fernando PESSOA confiait : " Je gis ma vie " ! Sans paraphraser
l'auteur, je puis dire que je fuis la mienne ... Pourquoi ?
aucune raison si ce ne ne sont ces inclinations qui encombrent
et alourdissent un espace pourtant voué à l'excellence
de moments de clartés et de transports hors du commun.
Mais il est des occasions de rejoindre le monde, en s'y fondant,
le portrait sis loin des réseaux, surtout ; pudeur et humilité
obligent !
emprunter nûment, comme on le peut, le chemin ardu de la poésie,
de la prose, du récit, de la nouvelle parfois qui eussent peut-être
interpellé l'âme sensible aux choses du réel, les plus simples,
solennelles. Et de risquer de faillir ! d'en prendre le risque, oser
ces voies de traverses sous le feu de la censure du titre et du diplôme...
Oui, faire un bout de trajet vers l'autre comme l'on se laisse prendre
par la mer, s'éloigner du bord pour aller trouver l'essaim de puffins
en joie, au large, et, partager avec eux cette liesse à jouer avec le flot
et les lames écumeuses du vent ! Et de là, allier le geste à la pensée,
y parfaire un bouquet rare aux senteurs de la spontanéité,
de l'imaginaire, de la rareté. La main ne parfait-elle pas les
soubresauts de l'âme qui siéent aux doigts du guitariste,
du peintre et du sculpteur fabulant un pan de vie majeur ?

Comme un sillage que l'on embrasse et comprend, en silence,
qui eût dit et trahi les arcanes de la douleur, de la solitude,
de l'abandon, de la chute qui guette ! La Chute grevée de l'Absurde
de l'existence dont il n'est pas sûr, comme le dit un Certain,
qu'il pût être vaincu par l'espoir, la foi, ou toute vue de l'esprit
abusée de raison, d'ordre et de conformisme outranciers.
Alors, un brin de folie, une semence que le vent emporte,
qui ne serait jamais plus du jardin maudit mais du champ,
de la forêt que le printemps exaltent à l'infini,
jusqu'au bout du conte et de l'imaginaire d'une histoire sans fin...
De ces mots que l'on assemblerait tout seul, sans être grand,
comme dans un jeu fabuleux, pour créer des liens fascinants
entre les hommes, des images aux sonorités si familières
et encore plus vraies que ne les rendraient les yeux d'un regard,
aux jours emmurés grimant et affectant dans l'anarchie
le chaos prodigue de la Nature en beautés !
Voir le monde à la façon des oiseaux migrateurs qui s'en vont
et s'en viennent au gré de la lumière du jour, de la douceur de la nuit,
du soleil qui décline ses orbes sur l'horizon des saisons... Appareiller
à bords des vents d'étoiles qui les guident partout sur la terre
des déserts et des océans, comme le font les grands cétacés,
les éléphants pour mourir, rejoindre leur sanctuaire,
au terme d'une vie de sagesses éprouvées et de longs soins portés
à la communauté si secrète de ces compagnons d'aventure.
Ainsi de la profonde dérive des mots que l'esprit brasse et assume.
Puisse-t-elle les nourrir, les abreuver d'eau pure, de ciels
tels des fruits mûrs, intemporels et si féconds à la fois.
Car n'est -il pas dans toute oeuvre de création une part d'amour
et d'absolu que l'on souhaiterait laisser, comme une empreinte
sur le vaste parchemin de la vie, de l'existence ! une sorte de défi
au temps qui passe pour s'inscrire à jamais dans l'inconnaissance
du tout, livré à l'émerveillement de l'instant, de la pérennité, de l'improbable !
Découvrir et ne jamais laisser libre cours , -  en guise de revers infligé -, 
aux certitudes qui tuent, à l'uniformité qui assassine sans fin,
aux jugements de valeur qui barrent les horizons bleus...
Alors, de ne point gésir sa vie aux tréfonds de la désespérance
des jours livrés à l'aune du paraître, de la monnaie, du dominant,
au cap suicidaire de l'allégeance contre-nature de toute vanité.

 

§

 

 

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Emmène moi dans le tourbillon
Et l'ivresse d'une danse à nulle autre
Pareille   Là où les oiseaux n'auraient
plus jamais peur de mourir en se cachant
Dit-on dans les vieux romans d'amour

Nous y verrions ensemble
Elle et Lui  Pour eux  
L'aube solitaire se lever
La mer marmoréenne aux voiles de soie pourpres
Et de leurs épousailles
Nous recouvrions la voie
D'un bonheur à aimer immensément
Car la "  Nuit Profonde " nous appartient

Dieu que le geste en somme parle du silence
Plus que les mots et la rigueur de la règle
Lui que l'on relègue depuis le temple
Jusqu'aux bas-fonds de l'extrême passion
Où la déraison panse l'âme brisée de maux

Emmène - moi de ce pas de deux amène
Fuyons la voix sans issue du jugement
Entrons dans la valse à mille temps
De Brel  Rejoignons les féeries de Paul et de Vincent
Que la liberté et le songe ravissent à l'ordre établi
Ces jours privés de l'essence des sens
Octroyant à l'enfant perpétuel
L'unique chance de rêver pleinement sa vie

§

MARIN - Autoportrait d'une Illusion  -  En cours -