AU_PRINTEMPS__LAGUNE_CALCINEE_

 

L'arbre demeure vénérable
Comme une fleur en  étoile
au printemps   qui   vont éphémères 
Une grappe de fleurs
blanches pour un songe  une  île   une enfant
tendrement bouquetière   si fragiles 
Onde de clarté  étrange
chant anodin
me diriez-vous et pourtant
voici une humble image
instant point vernal volé
là-bas au plus intime
de la lagune à tort asséchée
d'un jardin en croissant à nul autre
pareil que parfait
Avril  et qui s'esseule
au feston d'une jeune pinède
Mais l'incendie criminel
en aura calciné et meurtri les atours
sans autre raison
assassine que la cupidité


Je marche seul
depuis si longtemps déjà
Seul et rompu aux forfaits
Nul bruit  Au loin toujours
le tocsin
la frondaison hérissée de pommes de pins calcinées
innombrables
 geint imperceptiblement
au souffle de la brise marine
La brûlure ne désarme jamais
Ces lieux me rappellent un peu
le Shott du grand Sud Tunisien
El Djerid  la Sebkha  vers Tozeur 
Nafta  chauffés à blanc
et les  vapeurs des bouffées 
torrides et salées que déchire
rarement l'aile d'un oiseau
ou la course du fennec traqué


 Dans  le ciel dévasté
des  jours de l'été   sous  les flammes
les asphodèles blanches
résistaient 
Reines choyées puis recluses
Magie du bulbe vivace
Quand de la terre noire sourd 
un champ  lactescent 
Ainsi de la voie lointaine
de ces rivages
fabuleusement africains
que les colons défigurent
jadis et demain encor
selon la sordide
engeance des sots et des fats


Et là  devant soi
merveilleuse
une scène tutélaire
que l'aède n'aurait pas omis 
d'immortaliser
une divine métamorphose
Un vieux chêne liège
aussi emblématique du Sud des Îles antiques
que le serait un visage minéral
façonné par les vents et la pluie
un chêne aux doigts immenses
renaît des morsures du feu
et reverdit
Atolls de fraîcheur  îlots 
dans l'azur bruissant
A ses racines l'asphodèle
resplendit comme elle se donne
en lui montrant le chemin
prodigue de la lumière et du vertige
Ainsi les dieux
l'exhortent à ne pas mourir
Ainsi de l'emblême
du symbole de l'arbre de vie
du visage de la terre
et du Ciel
profondément marqués du sceau vil de la ville

!

 MARIN 

2 ème Ecriture et en cours, pour une petite fleur, Emma, qui ne connaît plus ces  printemps qui déclinent l'adieu aux Grands-Parents 

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