LA_MER_EST_SOMBRE_

 

L'AUTRE VERSANT DE LA NUIT 

 


Aux vagues innombrables
Que les vents égrènent
Évoque
Le chapelet de l'infini
Le thrène des disparus
Vois au-delà
De la moire précieuse
D'une cascade de glace
Majestueuse
Figeant
L'écho dolent
Des mondes lointains
Tant d'injustes naufrages
Et de destins brisés
Ainsi gronde et frémit 
Le silence de la mer
Comme il invoque  l'écueil
La fortune de mer
Et toutes les dérives
De l'humanité blessée
Qu'il porte en son sein
Ô   Céans   funestes portefaix
Que n'auront-ils pas fait de Vous
Depuis la Traite
Et les conquêtes commémorées 

Le printemps peuple les déserts
A exaucé l'univers des dunes
S'épanche sans fin
D'une anse à l'autre
Que l'oiseau lie
D'un vol pur et pérenne
Féerie des fleurs
Rases et chatoyantes
Posées sur l'arène
Pour un liseré
Scellant
La remembrance plaintive
De l'Océan
Ô sanctuaire de tous les rêves
L'azur a revêtu
Le voile blanc du deuil
Entonne la longue litanie des abîmes
Eût-on souhaité
En leurs noms dévoyés
Côtoyer pareilles destinées
En feignant d'ignorer 
La vérité odieusement
Celée

Mes pas se faufilent
Entre les pierres grenues
Et les asphodèles
Comme des étoiles
Étincellent
S'enivrent
D'embrun et de cimes
A travers tous les champs
Ondoyés
D'une île charmeresse
La mer pour ailes

 

Regain de chaleur
Et de soleil
Avril oscille
L'hiver s'attarde
L'été languit
Immersion rare
Au coeur du coup de temps
Le vent libère ses rouleaux
Comme il boucle à sa guise
La chevelure sémillante
Des plus hautes lames
Aux fragrances des jeux
Qui nous affolent
Et nous renversent
Dans l'insouciance
De l'enfance et d'un grand amour
Dès le premier cri

Les brisants
Ceints d'écume
Sonnent le rappel
D'une mémoire pour demain
Le verdict de la chute
Sera aux flots tempétueux
Qui s'abattent et roulent
Comme les prophéties
Sursis que ce lien ténu
Rivés à l'apothéose des rivages
Pour un brin de conscience
En allé et qui se perd
A travers l'écho
De mes stances 
Désespérées

Profonde immersion
Le temps toujours d'une révélation
Est-ce un don de l'eau
Déjà l'Au-Delà  L'or est bleu  L'orée
Et ce regard aveugle qui manquait
Qui eût éclairé
L'autre versant de la nuit
Des astres
Les travailleurs de la mer
Encore plus nombreux
Ouvrageant à la Légende des Siècles
L'inconnu ne dévoile-t-il pas
Infiniment lentement
Le mystère de la source
En soulignant l'origine
Exaltant l'allégeance perpétuelle
Cette humilité solennelle
Qui tant siéend à la foi
Pour les servir
Nûment et noblement

MARIN - De La mémoire des Océans ; De la Mer Trahie - 1 ère Ecriture - toujours en cours, jamais fini, que ne laisserions nous d'autre, d'achevé,  si ce n'est cette ancre qui se pose un jour  au fond d'un port ?

 

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IMMERSION_