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l'Invisible, le Silence, l'Infini ! Voici la Suite des Montagnes, des Nuages et des Vents, comme un plain-chant de Harpe ...  Ô Lyre d'une Île à nulle autre pareille, j'aime à muser à tes côtés !

 

 

 

A perte de vue, éblouissante, la dune  remonte le temps, fuit avec le vent, conte la montagne et le ruisseau, tous les ruisseaux jadis cristallins courant libres à travers les vastes plaines fertiles, vers la pleine eau, l'eau vive des cimes et des rochers insoumis ... Laisse vivre la dune et fleurir un jardin que les eaux douces et salées parfont depuis la nuit des temps ! 

Marche et respire au diapason du clapotis des flots, des frisottis de l'écume soulignant vers l'infini leur croissant de sable, leurs  bras de terres qui s'abîment loin  dans l'azur. Il est là tant d'énergie, de jeunesse et de ravissement ! Comment oses-tu profaner ces lieux antiques et souverains par lesquels tu investis et saccage la terre des ancêtres ? A chaque saison ses charmes, ses lumières et cette invite à l'émerveillement que l'homme et sa compagne dominent au pas de leur monture, comme un pacte, une indéfectible allégeance. 

Laisse vivre la dune, citadin marchand ! accorde-lui ces vertus régénérentes que les grands espaces octroient au pèlerin qui les méritent en passant, humblement. Passager de l'instant, demeure respectueux du présent ; car c'est déjà  hier, demain, les enfants, l'esprit de toutes les terres promises que l'on garde dans le coeur, aux parfums évocateurs qui  comptent plus que tout et renforcent les racines.

Accorde à la dune les traits d'un beau visage qui aurait pour nom : Une Île, douce et aimante,  et non une Ville tentaculaire et tyrannique

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Au plus haut de la dune, un vieux sentier longe l'étang et la jonchaie  touffue, impénétrable. La vie, la diversité foisonne. Un couple marche au pas, dominant le long cordon de sable et la lagune, les respectant, pour leur chevaux aussi qui aiment à prendre le galop, à s'envoler à l'unisson du chant des oiseaux.

Plaine-Harmonie, images d'une Terre d'exception que l'on tue chaque jour un peu plus, malgré tous les fards et les vitrines gorgées d'abondances, bien des plages citadines défigurées ! Dieu que l'écho des chevauchées est douloureux, si lointain, presque inaudible. Je salue un homme et sa compagne ; nos regards se croisent et se comprennent, car nous laissons vivre la dune, comme la Nature tout entière... et de tant l'aimer pour la sillonner sans la blesser. Alors nous croisons ensemble le rêve de tous les cours d'eau, ceints de sablons, de grands arbres frémissant à la brise des vallées, nourris de limons, dévalant vers la mer, éperdument, grand artistes des rivages et des croissants de sables où retrouver tous nos chateaux.