BREAK ON THROUGH

 

A MOI-MÊME

 " En créant dans mon coeur les images du rêve, 

je m'exerce sagement à l'état de mort et de dieu, 

où les parfums subsistent, à peine reconnaissables. 

Louis CATTIAUX  - Poèmes - 

M.C.O.R   _ La Table d'Emeraude 

 

 

Schizo _ Tonique
La transe___locution
La Trans____location
Agréent au vent
A l'extrême et à l'absolu d'un sombre  pathos
Seyant à l'air d'un temps
Honni_____ Soit à contre-courant du flot
Qui mal y pense
Confinant à la désespérance

Elle te va comme un gant
Mon vieux et te colle
A la peau
D'une gestuelle hybride 
Marin __________ Toi
Le dos argenté
Qui t'abreuve d'éther
Et de l'absinthe
Intarissable des vagues
Communes et juste très acides

Sans fumée ni poudre blanche
Tu t'enivres d'embruns
Te commuant en
Écrivailleur   pas très original    Poètereau
Presque maudit
Dont on ne lâcherait
Aucun mot d'amitié
Sur un espace virtuel
Tu ____________  Répercutant alors
Un mutisme assourdissant

Le livre demeure  résolument caché
Un fatras peut-être Ex  ___centrique
Perclus de folies
Au plus dense du délire
Épistolaire
Témoin vertigineux 
d'un esprit tombé
En déshérence
Sanitaire avérée

Ainsi
Mentalement et lourdement affecté
Par les aléas
D'une traverseé en eau trouble
Noyé au coeur du devoir
Une eau fétide
Hélas vint à bout
Du rebelle que tu fus 

Mais qu'importe
Le vocable insane
L'association numineuse
Et claire à la fois
Que je nous destine
Sans ambage vaut bien le détour
Tonique et Schizo
Schizotonique
Frère ___________ Comme toi
Mon aîné disparu
Qui passa   qui erra
Quarante deux
Longues années
Dont les plus belles
Dans les geôles
De cette terrible maladie
Que l'on dit mentale
Tellement blessante

Et je vais
Courant les bordées
De la solitude
De l'absence silencieuse
Où le cri seul vainc l'écho abyssal
De l'amer  et de la panique

A l'appel des centres
Concentrationnaires
J'arpente ce que longuement
Tu gravis
Jour après jour         Chaque nuit
Schizo-Frère-de-Sang
Dont je panse l'aurorale  douleur
Aux tréfonds de la Chimio
Pharmacologie _________ Frère
Aux vertus hallucinatoires
Très légales et cadrées 

Mais sais-tu ______ Compagnon
D'aventure    Mon ami
___   Mon frère
Combien ta vision des choses
Et le sable pulvéral
Sur lequel tu te mouvais en chemin
Engendrait de vérités  abluées
Liait de mains franches
Aux racines du Ciel  
Quand tu souriais au monde
Je veux dire
Ces mondes qui t'eurent jeté
Comme un paria______________un SDF
Au seuil de l'hiver
Sur le pavé de l'angoisse
Ainsi que tant d'autres
Depuis Arthaud 
Sur son navire pirate
Solennellement mystique

Âmes irrémédiablement perdues
En transit____  Transies
Le temps d'une sordide
Et létale escale
Je pense à Nous
Mon Frère___mes frères
Lorsque cette schizotonie
Qui me frappe aujourd'hui
Reflète comme un maléfice      autant de psychés
Les désordres et les forfaits
De l'obscur menée des appareils cyniques


Une nature immature
Par trop humaine
Et systé___matique
Guide dans l'ombre
Encore et toujours
Le mythe de la caverne
Cavernes où la Vérité
Ne se décline et se conjugue
Que par clans  et  cloaques
Tuant la Fidélité
A l'aune de l'éphémère
Depuis le crépuscule des soupirails
Sans aube  Des néons
Et des strapontins pour jalons
Des tours aux généreuses vitrines
Des corridors où se croisent
Et s'ignorent les robots
Des voitures et des plans
Ostensiblement tonitruants 

Océan-Mer
Que serais-je sans l'immensité azurée
Qui étouffe  qui apaise
Le mal au Monde
Des Enfants
Au coeur des vagues phoniques
______        Schizo-frène-étique
Comme Toi ________Je creuse l'abîme
Sans fond de la nuit obscure
Et te rejoins
Mon Frère
Humblement _______sans détour
Pour n'avoir jamais su
Ici bas__ Arriver 

§

En guise de confessions, depuis la vire  d'un cauchemar

! ...

C-G C

 

Artaud_thought_image

 

Antonin ARTHAUD

 

Pourquoi cette photo ? J'eus un frère, magnifique, dont le regard vert résonnait de voix et de visions ! A l'âge de 20 ans, il sombrait, si près des rives de mon enfance, dans une terrible maladie : La Schizophrénie. Elle le tint et le tiendra quantante deux années durant, sans répit. Vers lui, ce texte, en passant, en chemin qui me mène, me précipitant et courant sur les brisées de l'angoisse !