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Comme un penser vagabond
Allège le coeur        Solitaire
Je vais en ce matin vernal
Courir le flot   doubler un cap
Droit dans la lumière du soleil
Au vent d'une île bouquetière

Voguant par ses champs d'azur
Le large hèle  comme l'appel enivre
L'instant irrépressible beausit
Et nous destine au-delà de tout
A faire humblement cavalier seul
Le vent mugit           la mer tonne

Les petits albatros virevoltent
Les nuages d'embruns donnent
Vainquant le tumulte des flots
Pour que s'en-vole    Ô Ciel     le silence de la mer
Et nous allons légers partageant l'éther
Renaissant inlassablement   aux vagues
Charmeresses des îlets et des caps

L'horizon dévoile tant d'énigmes
Revêt tour à tour autant de visages
Que la terre au loin panse de plaies
Et sourit à la fortune      malgré les Dieux
Et nous ne laissons d'entrevoir ces mondes
Qu'un pendule immuable frappe
Du sceau de la Providence et du Malin

Ainsi dérivent les messages à l'Océan
La mémoire de toutes les mers ceintes
Qu'auréole l'antique  thrène de l'absence
Qu'auront chanté et loué les aèdes
Les sombres hérauts de l'amer maudits
Là où l'abîme  renaît sans fin
De l'Univers fabuleux des métamorphoses

Ouvert sur l'infini   Quel est ce songe étrange
Qui émerge   Le néant hors du temps fonde
L'éternité d'un penser libre et allègre
Que berce l'obstination vague
De n'avoir jamais été   Mais à la source de l'éclair
Illusion passagère   Âme messagère
Souffle dans  un désert foulé par les grandes marées 

Au jeu du labyrinthe  revenons ensemble
Ainsi du jardin d'enfant que l'on ouït
Secrètement en Tout-Choeur-Océan
Qu'entonnent en vagissant quelques rochers noirs
Là-bas sur les rives d'un bonheur perdu       Amers
Incompréhensiblement grevés de douleur

 §

MARIN -  Pensers en Mer - Toujours, hélas, comme une première et dernière écriture, jetée en pâture aux silences de l'absence, que le Large panse lointainement ...!

 

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