GOPR0470

 

L'eau par trop claire

funeste augure

Ce qu'il nous reste de la brise

un mince filet de vent 

qui se perd et qui s'étire

languissamment

Comme les apparences sont trompeuses

on eût encore cru  volontiers

aux eaux poissonneuses d'antan

Mais il n'est ici que néant

la vie  sous-marine

se serait enfuie

Le vent droit  et le soleil

ne déclinent plus  le chant du jour

appareillant vers nos lendemains

de joie d'antan

Une petite houle souligne 

le  lointain coup de vent

sur un ciel sans oiseau

L' azur délavé

aux moiteurs répugnantes 

de la cinquième saison

saturé de gaz et de fumets

dénature l'horizon 

Pardonnez le noir propos

ces sombres évocations

mais faut-il se perdre

s'enfuir vivre seul 

pour rallier quelques arpents 

de sérénité et d'authenticité perdues

C'est vrai lorsque l'on vient  du tumulte de la ville

comment poser un autre regard 

sur ces rivages

le voyage 

de l'émerveillement

de la découverte

de retour en enfance

 

MARIN