DECHET_MERS_

_ Avant d'évoquer quelques pans de nature merveilleux avec un auteur remarquable dans le prochain Post et Article, 

_ alors que le monde occidental jouit de la canicule en se précipitant vers la Grande Bleue aux extrêmes et aux funestes paradoxes,

_ que  d'épais nuages jaunes dérivent lourdement ou stagnent,  dont on ne parle que lorsqu'ils affectent Pékin ou Shangaï,

_  lorsque d'aucuns ne lèvent les yeux aux ciels et ne voient ces nuages qui font  la pub aux serpillières les plus souillées de particules

voici, dans le Journal des Plages le compte rendu de

SINDIBAD le  marin

!

 

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Sur  une cinquantaine de mètres, du rivage vers la profondeur, l'eau n'est qu'une chape trouble, opaque, turbide ; en suspension :  les déchets plastiques, la prolifération d'algues indésirables que favorisent l'excès de chaleur inhabituelle  des eaux de mer  et le manque de lumière, l'appauvrissement en oxygène ! ajouter à cela une salinité hors paire pour les lieux ... Impossible donc de nager, avec masque, sans s'éloigner à plus de 100 mètres du bord pour retrouver un semblant de clarté ouvrant vers les fonds. Le sable a changé de couleur et de texture ; il est gras, il colle, il odore de façon douteuse. Pas un signe de houle, et pourtant, l'eau affiche l'opacité de ces jours de forts coups de vents !

 

Et cela, où que vous vous trouviez et, dans les lieux de sur-fréquentation, la pisse par hectolitres à l'hectare parfait ce tableau des milles et une hideurs ! Oui, nous sommes bien sur l'Île de Corse, c'est ainsi, il fallait s'y attendre, le jour est bien arrivé, il faudra faire avec et entrevoir ce qu'il convient afin d'enrayer le terrible processus de décomposition du milieu marin.

Je nageais, percutant tous les dix mètres un large morceau de plastique, risquant d'avaler un mégot à l'inspiration complète, entre deux cycles de bras. L'eau étant si chaude qu'il est vain de vouloir se rafraîchir : 30 ° C  sur plus de trois mètres de  profondeur ! Le constat est inquiétant. Là où il y a quelques jours j'observais des bancs de sars et de marbrés, des oblades par dizaines, il ne reste plus rien ; les lieux auront été passés par les arbalètes,  jusqu'aux oursins pillés malgré toutes les interdictions en vigueur... Il faut prier pour que les nacres qui sont de retour ne soient à nouveau dérobées ;  piètres trophées d'un été pitoyable, nous confie Mère-Nature ! 

Il faut dire que je vous écris du Parc Marin du Détroit de Bonifacio, de la plus prestigieuse des Réserves insulaires, là où je n'ai de cesse de ramasser des ordures, des déchets de tout ordre, des emballages plastiques notamment. Je sais très bien, pour l'avoir constaté, qu'il en est ainsi, partout, tout le long de la côte que le commerce et les profits ne jouxtent pas encore...

SINDIBAD - Pour le Journal des Plages  -