Mouillage

 

UN RÉEL PROBLÈME - DES CAUSES DE NUISANCES A LONG TERME AU REGARD DE L'EXTENSION DU PHÉNOMÈNE

 

 

Nous postons cette rubrique dans la Catégorie " Journal des Plages " pour deux raisons : 

Les mouillages forains intéressent les mois d'été et débordent sur le printemps et l'automne, du moins en Méditerranée, d'une part et, en second lieu, pour leur proximité avec les côtes, les rivages. Des espaces  donc sensibles et spécifiques de notre Environnement, Milieu Naturel et Marin restent à surveiller, surtout en période d'affluence. A noter également la " Pub " faite par les revues spécialisées autour de ces criques dites paradisiaques où relâcher, le temps d'une escale, sur la route des vacances...

De surcroît, lorsque  que les mouillages forains  s'opèrent en zones dites de protection renforcée, au sein même d'une  Réserve ou d'un  Parc Naturel soumis à une réglementation adéquate.

Doit-on  laisser faire, tolérer, fermer en quelque sorte les yeux pour ne pas déplaire et refouler une clientèle somme toute autonome et libre de croiser où elle le désire, sans entrave aucune, à sa guise ?

Nous le voyons très bien, ce sujet reste épineux, sensible et ne doit pas faire l'objet ni de négligences, ni de lacunes en matière de droit. Si le Camping sauvage a été globalement interdit, il devrait en être de même concernant les mouillages forains systématiques.

Il est des espaces  très fragiles que la fréquentation libre expose à des risques et des périls avérés ; quels sont-ils ? 

LES RISQUES 

 

Les bateaux de plaisance, à voile et à moteur d'un certain tonnage et abritant une capacité  d'embarquement conséquente constituent une source de potentielles nuisances de par leur  ancrage en mouillant  sur des fonds tous très  particuliers, abritant une faune et une flore souvent endémiques.

On ne mesure jamais assez les rejets de tout ordre des embarcations, ne serait-ce que tous les  besoins naturels à satisfaire  comme ils se présentent ; la mer ne saurait tout absorber, dissoudre, cacher  ! 

Quant aux eaux de refroidissement des moteurs, les eaux usées, les produits ménagers dont on évalue mal la teneur en substances toxiques, il y a là de quoi s'alarmer.

Bien des anses et des criques sont prises d'assaut, l'impact est réel, les mesures à observer : urgentes !  On ne peut hélas ! tout contrôler, sévir, réglementer à outrance ; il conviendrait d'en appeler  à la responsabilité de  chaque Skipper !...

 

INFRASTRUCTURE, CAPACITÉ D'ACCUEIL, ÉQUIPEMENT, AMÉNAGEMENT POTENTIEL 

IL Y  A DES SOLUTIONS ET DES ALTERNATIVES

 

En effet, une Collectivité n'est pas toujours en mesure d'offrir à l'Univers  pléthorique de la Plaisance les équipements destinés à juguler et à amoindrir les dérapages  des mouillages forains ... Mais il semble que des solutions voient le jour et s'étendent en vue de davantage de prévention, de précaution, de responsabilité vis à vis de l'Environnement qui est le nôtre : 

On peut compter sur un  accroissement de la capacité d'accueil des ports, usant de moyens modernes mobiles,  attractifs  et adaptés à la demande ; c'est un premier point ! 

Les ports devraient se doter de procédés étendus visant à absorber les déchets, les eaux usées produits par des jours de mer ; un contrôle à ce titre et justement, pourrait être initié, à bord, afin de justifier de ces passages obligés au port, avec reçu de vidanges ou autres  opérations d'entretien et de nettoyage du bateau... Une sorte de cahier des charges vert placé sous l'égide du Chef de bord, volet du Journal de bord.

Enfin, aménager quelques aires naturelles vouées aux mouillages dits forains, avec une capacité au préalable définie, les corps morts adéquats à capeler avant la saison estivale. L'état des lieux étant pris en compte suivant l'indice d'impact le moins élevé possible, ( absence d'exploitation marine notamment, fonds sablonneux, protection renforcée vis à vis des vents dominants, etc ... ! )  

 

AUTRES RISQUES INHÉRENTS  A CES  HABITUDES 

 

Outre les considérations d'ordre climatique - Réchauffement et Prolifération / Développement de nouvelles formes parasites de végétaux -, force est de constater que les navires sont de véritables vecteurs de souches exogènes qui pourraient s'avérer préjudiciables à l'environnement. Nous l'avions par le passé déjà observé avec la  CAULERPA TAXIFOLIA importée des rivages de la Méditerranée, une espèce très invasive.

La faune marine répond  à ces intrusions parfois massives par une migration qui  n 'est pas toujours de bon augure pour la chaîne vitale et les équilibres qui y  prévalent.

Nous ne pouvons enfin que   déplorer les activités périphériques qui se développent en marge d'une halte, à fortiori  lors d'un épisode de mouillage forain : chasse sous-marine plus particulièrement et prélèvement d'espèces réglementées pendant  les mois sans  " R  " ...

Enfin, l'arrachage possible de certains habitats sous-marins,  sous l'effet de puissants guideaux, serait de nature à déstabiliser la faune  du coin de façon soudaine, brutale, exposant les espèces les plus fragiles aux prédateurs, aux éléments naturels, etc !...

 

 

En guise de CONCLUSION

 

et surtout, sans prétendre sur de tels sujets à l'exhaustivité, à l'approfondissement, à couvrir d'un point de vue technique  l'éventail d'un tel domaine, nous espérons apporter quelques principes destinés à éclairer les causes de nuisances  critiques !  Le débat reste ouvert et sera abondé en temps utile, en fonction bien sûr des informations en notre possession, scientifiques, techniques, biologiques.

La Nature, l'Environnement, la Préservation et l'Observation de nos droits et devoirs de marins devraient nous inciter d'ores et déjà à la plus grande déférence à leur égard ! 

 

CORSICA...GO56