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SI MAL A LA TERRE 

 


Je suis   hélas    de ces étendues dont les lames rendent
au ressac les corps à la dérive d'une vie de galères

Je suis de ce monde dont on ne revient qu'à moitié
Et que berce le flot viride de la mémoire tumultueuse

Je suis de ce monde pour tout le mal de terre
qu'une larme cerne       qui endeuille l'infinité

Je suis de ce monde      d'un pacte à réméré valant
pénitence                  Voie pérennelle de rachat


J'aurais été de ce monde de vérité        de rigueur
dont les clartés ceignent l'espérance   Mais qui du couchant

Du Levant embrase les champs de la liberté
trahie  clouée aux portes du ciel blanches et bleues

Étais-je des mondes safres  d'un silence qui n'absentent
et ne distancent que l'épure ivre aux nobles sillages

laissant aux ailes immaculées des vents le souffle
la palpitation d'un coeur perpétuellement fasciné


Qu'eussé-je été d'autre en ce monde  que solitude
l'envers d'un décor où l'amour vague      en misant

Comme il rend toujours      de retour aux illusions
le juste reflet des choses     des métamorphoses

J'ai été désespérément et     par trop prolixe
emporté par la folie       de fabuleuses paréidolies

Au-delà de tous les maux confinés  de l'amer
j'ouissais comme l'écho lointain d'un message


J'étais de ce monde paradoxal   Rêve éminemment lyrique
Océanique allaient la harpe      la fougue de la passion

Par le chemin de croix    quêtant l'improbable destinée
N'aurais-je pas suivi en musant la bonne étoile

Je fus dès lors d'un monde aux mille caps   Des Pléiades
d'Orion aux horizons bleus que la nuit réunit un jour

Fussent-ils de ce monde où l'Un et le Multiple
indéfiniment se révèlent enfin après la traversée


Je sais que nous convolions en cette clairière unitive
en-joignant nos mots lucides à la terre des hommes

Je demeure comme je suis de ce monde obscur
orchestrant à jamais son vaste choeur d'étoiles

J'eus été de cette ode à l'Océan-Mer où se jouent
de grands desseins et tous les humbles paris

Qui m'eussent accordés quelques rais
de soleil et de sagesse si proche de l'Unique

 

Ainsi de renaître en ce monde             Accord
et à cri    à douleur de tant de fortunes  Ô mer

car j'écris de Tes mondes révérés        par Ta foi
dont on dit qu'elle prélude au Ciel des bontés

Et si je n'avais été que d' un monde platonique
hôte volage des vagues en transes où danse

et divague l'onde sublimée d'une rencontre
qui m'eût alors et à jamais révélé   Ton mystère

 

§ 

MARIN - En toute première Écriture -  MAL DE TERRE -