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Dis-toi bien, Marin, qu'ici, les habitudes on oublie ! Point de formatage qui tienne ... Lorsque tu relèves ton aile, tu prends une claque qui te  remonte d'un bon quart au vent. Un vent droit, lourd, que rien ne dévie ni n'arrête, qui va libre comme le puffin, le goéland, le panache d'écume qui virevolte dans la bourrasque. Le vent est traversier. Il nous évoque une chanson qui nous vient des Marquises ; lorsque  le temps est à la pluie sur les îles lointaines : 

" ... la pluie est traversière, qui bat de grain en grain, quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent Gauguin ...  " .

J. BREL - Les Marquises - 

Mais à la veille de l'automne qu'un ciel cru évoque, à l'empenne des nues façonnées, caressées par le mystère et la beauté en couple qui  ouvragent le ciel, à deux pas de la civilisation, la mer tonnante au rivage  travaille comme elle entonne chaque jour la litanie d'une solitude lumineuse. Et tant de solennité pour une  supplique à l'hiver qui s'approche et s'apprête à libérer le courroux des vastités malmenées par l'été !

 Combien de sillages, de relevés, d'approches, d'hésitations et de craintes faut-il pour que le coup de vent, un instant concède à la folie la chute puis  l'ascension, incessantes ?  

Ainsi, entre deux hautes vagues, l'azur t'accorde le présent.  Le passé déjà déroule sous tes pieds, si vite, fuse !  ; le futur immédiat, prompt à te happer, semble inévitable... Alors de l'allégeance à l'onde de roche cristalline que les vents traversiers retiennent sur le fil d'une lame pure et étamée, sans autre  morfil que l'embrun

!

 

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