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RIVAGES  / KEVIN SEDDIKI 

 

 

Au regard bleu-vert d'une terre que les ciels inondent, 
en ces jours tourmentés tandis que tombent  
le courroux et les foudres des dieux pérennes  !
Les Romantiques évoquaient l'Ether, les ciels Empyrées,
les vastités azurées, les nuits obscures de l'océan amer ...
Les aèdes peuplaient le réel de légendes fabuleuses,
fondaient les mythes au seuil du tangible et de la foi.
Les temps auront bien changé, en apparences
mais les souvenirs s'en reviennent des arcanes secrètes
de la spiritualité affective et limbique ;
ressouvenance, remembrance dit-on parfois et qui sait,
à juste titre, paradigmes en sommeil.
Après tout, que savons-nous de ce voyage, de cette escale,
déposés que nous sommes et pour un moment
sur une Planète Bleue, orange comme un fruit.
Qu'en était-il avant, qu'en sera-t-il après, ailleurs, au-delà ?
Pourquoi ces inclinations, l'attirance qui fascine,
incompréhensiblement qui me ré-unit...
Tout serait-il si pur, lustral. L'onde bleue et blanche, 
pulvérale dépasse la durée et nous échappe !
Symbolique palpable de la Lumière aux horizons
immensurables d'une liberté sans égale. Les solitaires,
les marins hauturiers, les nomades et aventuriers
n'en louangent ils pas les charmes, les ineffables attraits ?
Ne se perdent-ils pas plus souvent dans le sentiment
océanique qui les étreint et les embrasse par-delà les mers ?
Difficile de répondre lorsque la quête de l'envol, de la légèreté,
prélude à l'impudence, signe la dénégation de l'entrave,
dénonce la pesanteur infamante qui nous rive à la terre
alors qu'il est déjà temps de partir, de quitter le vaisseau !
Ainsi de jeter à bon port l'ancre, ce corps-mort sur lequel
le marin frappe la dernière aussière et arrime son voilier.
Quête subliminale, transcendance : le voile d'écume, le nuage
d'embrun sont porteurs. L'Ether y pourvoie généreusement,
délivre les vents insoumis qui nous emmènent  
du néant au chaos !  Ô rappels de la Chute létale...
Mais plus encore, lorsque l'onde
et la vague fusionnent décuplant
l'énergie invisible pour toucher aux rives
lumineuses du jeu, de la création, de l'absolu, d'un pari.
Et comme l'émoi palpite, un battement d'aile
pour unique Souffle nous eût fait tournoyer si haut
dans les airs ou tout simplement survoler l'avalanche
neigeuse dont on perçoit les origines célestes, le Tout.
Allégeance sans conditions à l'Un,
jusqu'au bout de son sang, quasi vitale, essentielle !
Comme un accord paisible, régénérant,
l'élément indispensable à la sibylline partition
qui l'eût révélée et parfaite, se donner, se livrer ...
C'est cela, sans doute,
frôler l'harmonie portée à son comble de vérité, de fidélité.
 A toujours, être !... harmonique, voué à la création .
Nûment, unitivement aussi :  dire l'apaisement que l'envol promet,
lorsqu'il en devient si familier, toutes les fois, un peu plus
proche du départ, plus près de la renaissance et,  jamais plus redouté !

§

MARIN - Sentiment Océanique - 1 ère Écriture, en cours - 

 

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