JONAS_PAR_GUSTAVE_DORE_

 JONAS PAR GUSTAVE DORE 

 

 DES LARMES DE LA FOLIE  AU POÈME DE L'AMER

 

De cet abîme de maux séditieux
que je confie sans fin
au silence de la mer  allons
comme aux prières d'un sillage
par les galbes du ciel     recouvrées
qui T'espèrent
Je vole de Tes propres ailes
et m'en retourne alors ceint
tout contre le sein originellement bleu de la terre
Pour un regard    au-delà de tout
là où le trouble bipolaire
en chaque rencontre génère
unitivement
l'amour de la beauté
A la mort imminente  elle s'accote
sans pareille   en oscillant
entre un sanglot de lune
et le soleil entaché d'ombres lugubres

Je dévale l'horizon
éminemment safre
qui de l'enfer distance
Par-delà la montagne sacrée
dans le soir revenu
Azur     Tu rougeoies   intense
et féerique à la fois
dès lors que les nues du puissant Ponant
empourprent les confins
du Levant et bordent un cantique
L'Orient m'est alors une colline inspirée
un envol vers le toit de la terre lassée
songe où de grands enfants
tendent encore la main aux fées de la paix blessées

Mais un manteau fait à Gaia 
miroir    comme une psyché redoutée
dont le tain lancinant
n'est que perles de sang
âmes meurtries courant
sur les brisées aveugles des temples
de ce sang versé aux pieds
des lamentations de la ville
aux trois portes immensurables
de la cité éternelle 
maintes  fois sainte
qui crie et se lamente
enténébrée à jamais
Ô vaines suppliques   de l'exil
qui heurtez les murs de l'indifférence
et du jugement péremptoires
Pourquoi cent fois et sans  retour


D'entre la joie et la douleur
inextricables
à demeure comment taire
un coeur que malmènent
les citadelles par la raison des-armées
qui saigne et subit l'illusion improbable
de vivre un brin de foi fauché
depuis les vires oniriques
de l'enfance  de ses colombes
irrémédiablement
assassinées
au vol essaimant  les versets du Message Retrouvé


Ô vous mes larmes
que liesse et souffrance
mêlent en fuyant
les stupeurs de l'angoisse
et de l'in-action
L'absolu suri du parjure
inflige à la foule effondrée ces vérités
éphémères qui consument
l'éternellement vrai
en proclamant l'avènemment des tyrans
prompts à virer de bord
Mais vous chants de mes larmes
qui ondoyez le choeur
des affligés
abondez la révolte
et l'insurrection des consciences
dilapidées

Rappelez-moi en mer
de l'intranquilité
où naufrager
la mémoire sombre
et le douloir lancinant
qui vaguent à l'âme de la houle
des damnés de Dante des repentis
Il me faut épancher
à l'encre noire
souligner
Vers l'amer qui veille
sur la nuit et me retient à la vie
le verdict de la folie
en dénonçant l'ignoble sentence
du hasard et de la nécessité

Je divague en attendant
les fruits nés de la lumière
le naufrage inévitable
des discours aisés  des menées insupportables
tandis que les rois feignent l'acte profond
et se prostituent comme chaque mensonge
sur le parvis fastueux du paraître

Il me reste au coeur de la brume
ce regain d'âme
à la lueur d'une bougie 
par le Choeur  et la Nef 
qui clament  Assez  !  comme on débonde le tonneau
un soir de fête
L'amour et l'amitié me sont aurores 
enchantant la parabole
du Semeur

Mais il est déjà juste le temps
du partir  de fendre le flot
J'aurai tant cherché
à ne jamais oublier
le pacte aux liens
purs et fidèles
comme la Voix
qui ne serait que d'En-Haut
allant sans pardon
pour avoir  évincé le mal

J'aurai imploré les ciels embrasés
enflammant le pampre et le bouleau
afin qu'ils me ramènent du Levant
l'écho de ces champs lumineux
aux enfants  joyeux
qui s'ébattent sur les sables  de la Grande Mer
dans la sérénité et la joie
comme un bonheur indéfiniment promis
à la candeur de la Terre
Sainte depuis Jerusalem
enfin exaucée et souriante

§ 

 

MARIN - Sur la Mer de l'Intranquilité - 

En cours d'Ecriture