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 Déjà fantomale, une aile se profile ! empreinte ou intaille dans le cristal de roche, la tourmaline, l'aigue-marine fabulant quelque cercueil de verre ! la mer des origines, sépulcrale, belle et meurtrière à la fois nouant sans cesse la mort à la vie de ses célestielles racines  ... Ce chant de joie, qui me vient de ce Pays où j'aurai laissé mon âme errer sur l'Océan et l'Atlantique Sud ... Dieu que la Croix d'Agadés était belle, quand elle brillait, tout là-haut, au-dessus de la Canopée, la nuit, bercée par la longue houle océane et les musiques des étoiles ! Nous faisions déjà l'amour à la mer et nous le savions pas ... 

AU CHOIX DEUX GEANTS 


Un choeur vague
et bleu
a transcendé ma parole
Ô fulgurance
transes insensées
que l'épure  le galbe
inextinguibles
là-bas
subliment 
en jouant à se cacher
comme de petits enfants
à la vie à la mort

A ce langage
à nos silences
convenus
que je voudrai
dépouillé de tout
je danse
Par la souvenance
originelle
de la terre aimée
je vais et compose
quelques bouquets fauves
pour l'automne
Par-delà les champs de la mer
mélodieuse
je gis une vie qui m'absente

Alme complètude
au songe qui fascine
les fruits de la passion
l'au-delà des mots
m'est mantique ivresse
Une pensée au plus près
de l'âme et du coeur
comme un désir
irrépressible
dépasse
depuis bien longtemps
tout artifice
toise les certitudes
et les entraves bandées du paraître


Et pour causes
aux gestes purs les emports 
d'un authentique concerto
l'harmonie
ample et si profonde
où le cadre et la rime
s'effacent   allègent
cette pantomime
que je fais mienne
Ce ballet féerique
se passe de codes
Il va au rythme
et au tempo de l'onde
pour le danseur qui pérennise
à jamais la voie
numineuse et le mystère
le menant au dernier rêve
De mélodies en ballades   laissez-moi
j'abandonne un corps
aux rigueurs de la mer pour un brin de liberté

J'ouis las
comme une musique
étrange
un écho qui me revient
de ces horizons versant
à la foi  le vivre et le mourir
de tout           intensément jeune
Et à  ces accords régénérant
d'autres espace-temps
l' indicible émotion
la violence ineffable
de ces révélations
qu'effleurent
le parler vrai
de la folie


Musiques de ma vie
visages
le peintre s'est  penché sur sa toile
esquisse l'éternité en l'unique instant
Aux digressions impudiques
du chorégraphe
j'effleure
l'onde
l'amour fusionnel
Ô stances que délient
jusqu'au bout de ses doigts
les dénégations du poète
je ne suis que frisson
Vous qui renaissez à ce tableau insigne et beau
que l'océan révèle en silence


Emportez-moi encore et toujours
là où unitivement
humblement humain
face à l'Unique
je me prosterne et me rend
front contre terre  maudit
allant les pieds nus
sur la terre sacrée
lorsque en choeur
montent les accords pulsatiles
et frémissant de l'au-delà
l'onirique raphsodie de Gaia et de Thétys

Plain-chant ou cantique
numineux voyage
La musique est du Ciel
tant d'harmoniques me rivent
au pacte indéfectible
aux chants sacrés
qu'il plaît à l'âme de reconnaître
d'entre toutes les prières
qui me tombent dans les mains
et que le vent emporte
vers l'innocence et la candeur
d'un sourire égaré

§

MARIN

- Ecriture intemporelle - donc non datée, depuis les vires suicidaires, insomniaques et dantesques de la folie ! 

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