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Comment doit-on interpréter ce chant ?  Y aurait-il  une fin à tout et à quel prix   ! Ici, la baleine n'est plus, pour avoir été trop chassée, massacrée ; cela se poursuit encore, avec la plus abjecte des préméditations ! Une préméditation armée d'outils hautement sophistiqués, horribles.

Avec elles, auront disparu bien des  pans de l'existence d'hommes et de femmes, de générations égarées qui vont  errant en la vaste mémoire de la  mer ou repris en chansons, poétisés aussi et à jamais conjurant trop tard leurs forfaits !

Un chant de marins, parmi tant d'autres !  qu'ils fussent à Noël :  la mer était cet univers à travers lequel tout s'édifiait, s'envisageait, se décidait, basculait ... Fallait-il que la nécessité commande aux royaumes des dieux créateurs de la  mer et de l'univers ? Les hommes eurent-ils à leur portée et pour seuls  recours :   la domination et les conquêtes pour s'affranchir de contingences les plus élémentaires ! Il eût été capable de pas démériter ; face au respect de la vie  : la subsistance, en ces époques reculées,  n'explique rien ! De nos jours, les crimes perpétrées  par " l'homme-dieu " contre les baleines  et les enfants sont intolérables et inacceptables 

!

 

 

 

SI LOIN QU 'CA  F ' SAIT, MAT ' LOT, PLEURER NOS BELLES

 

Du temps qu’on allait encore aux baleines 
Si loin qu’ça f ’sait, mat ’ lot, pleurer nos belles 
Y avait sur chaqu ’ route un Jésus en croix 
Y avait des marquis couverts de dentelles 
Y avait la Sainte Vierge 
Et y avait le Roi !

Du temps qu’on allait encore aux baleines 
Si loin qu’ça f ’sait mat ’ lot pleurer nos belles 
Y avait des marins qui avaient la foi 
Et des grands seigneurs qui crachaient sur elle 
Y avait la Sainte Vierge 
Et y avait le Roi

Et bien, à présent, tout le monde est content 
C’est pas pour dire mat ’ lot, mais on est content ! 
Y a plus d ’grands seigneurs ni d ’Jésus qui tiennent 
Y a la république et y a l ’président 
Mais y a plus de baleines 

!

PAUL FORT