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La pénombre masque l'ignoble carrière qui aura défiguré tout un Massif de la Corse du Sud ! Une vraie saignée dans le granit rose porphyroïde et  merveilleusement découpé, que bordent les pins, qu'arrosait jadis un torrent merveilleux et ses profonds canyons !  Bien sûr, ce cours d'eau ne charrie plus que les miasmes de la basse vallée et tarit en été pour les besoins de l'industrialisation bétonnière... D'où ce texte grevé de ces ambiances juchées entre modernité et tradition exacerbée; réalités bancales et tristes, sans repères ni racines qui vaillent que l'on s'en vante, bien loin de là ! C'est la mort qui partout trône et règne dans l'impunité patentée des caciques et du fric 

!


Vespéral
clair de lune
le soleil se couche
Extrêmes rousseurs
des nues
dans le jour qui meurt
une clarté comme un leurre
décrète la nuit des tombants dilacérés
avant l'heure
et je demeure
émerveillable
à ces pensées que bordent
de l'autre côté du monde
la renaissance de la lumière


La pénombre
panse
au pied de la montagne
l'ignoble balafre
les blessures d'une carrière
faite à la terre
des Anciens
comme au vénérable massif
des hautes futaies
où chantaient les vents
des saisons
qui ne cicatrisent plus
et suppurent
ainsi du torrent tari

Et la mort claque
la mort résonne
puis entonne
la funèbre litanie
des vallées
abandonnées
au triste destin
des foyers enclos
qui se terrent
aux tréfonds des images
Ô  monde galvaudé
qui parachève
l'inconnaissance du Chant Général

§

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