QUAND_DE_VIRER_DE_BORD_

 Quand tu n'as plus ou pas de nom, à quoi bon écrire !... Alors, Marin, à quand de virer de bord ? Mais avant, Matelot, écoute ce Musicien, il te dira tout.

 

 

 

Ô berceau   pierre - eau de lune
la nuit
qui porte conseille
je vois à tes pointes
d'en-haut
et si claires venir
la bruine et le crachin
des vents fous
neiger les amandiers 

Et toi
étoile du berger
que ne laisses-tu jamais plus 
de scintiller
dans les clartés vespérales
des cimes et des campaniles
Ô songes des vallées
blanches
d'antan  auprès du feu

Demain sera au Ponant
puis à la forte Tramontane
des tombants de la mer de Toscane
J'entends déjà mugir
l'Azur limpide    fait de ciels pers
et de pensers légers
comme l'embrun
et les folles congères

D'un rêve     ce  songe
à nul autre pareil
que l'écho emplit
au diapason des ans
qui s'en reviennent
de nos jeunes années
et des musiques mortes
sur les rives d'un regard  

J'erre 

Dans tes yeux
oui une île    un visage
une pensée
de la mer
que je fais mienne
qui vague et divague
jusqu'au fond
de l'amer
Ô réclusion
Je ne savais pas  que le deuil multiple 
pouvait s'acharner
à vivre si fort  s'enracinant dans un silence océanique

§ 

MARIN - De l'Amer  -