PATMOS_

Formes divines et pérennelles qui ne laissez d'espérer  le repos du messager  ! Ainsi  de reparaître, de sourdre des lames azurées où vaguent  apaisées  âmes et camées sertis d'émeraude ... Une petite chapelle semble posée sur la mer comme le  nid de l'alcyon.  

Marin 

 

 

 

" PHIKARIA SANTA " 

 

Elle se serait comme terrée 
ruine à la foi  accotée    si humble et si petite 
rendue au verdict des lames 
qui émerge parfois brisants 
et brave
depuis les siècles 
paléochrétiens
les assauts de la mer
leurs pérennes invasions

Cette chapelle  mûrit le mystère du Rosaire 
un tout récite sur l'azur
son bréviaire  entonne un lointain Cantique

Ce qu'il reste de autel repose
à l'abri de l'abside
dont on aurait souhaité
que la paupière de pierre  
meutrière implorant  le levant
accompagne toujours  le soleil    sacre la Lumière 
jusqu'au au Ponant
ou quelque songe
numineux qui m'eût
si souvent  ravi
et diluvié l'âme
de ciels et de rais chatoyants

De ces rochers fantasques
dont l'enfance toujours s'éprend
pour y avoir décelé une vénérable tortue
esprit souverain des lieux
L'enceinte arasée  siège encore et n'aurait de nef
que la voûte constellée
d'embruns nitescents
ondoyant la survivance d'une supplique  
qui se rappelle à  la souvenance perse du destin

Est-ce là le chant des vagues    cher à Gibran
la solennité d'une sublime nature
et son entour minéral  ses figements 
qui m'étreignent et me poussent  
à  louer la dive thébaïde
Je perçois ici comme un étrange écho
qui de l'antre éminemment marin
se fait chantre invétéré
du temps et de ses vastités

Me serais-je un seul jour
agenouillé     atterré
que je fus alors     par tant de fois orphelin


Sur l'autel de roche grenue
me suis-je longtemps prosterné
quand de saisir au vol
de l'alcyon
et du puffin sidérés 
un message de l'Au-Delà
quelques larmes en volées éparses
que le chagrin partage
quand il n'est que des horizons muets
ou voile qui s'ente  aux vagues visages
de nos rivages


Aveugles au chant
du ressouvenir où désormais
je nous recueille
 ne laissant  de héler le large
le vide ou le néant
l'impossible quête 

Patmos m'est ici
songe obstinant
et pourtant si proche  sitôt serein 
L'Apôtre      alme pèlerin
le berger des moutons innombrables me dit 
 

La mer - veille
Révélation  l 'Apocalyose johannique
des pérennelles Béatitudes où je me blottis comme bercé par  la Mer ( ère ) 

§


MARIN DE  PATMOS  / En cours, en cherchant quelque part, quelque chose, d'entre les lames de silence et l'azur mutique, qui sait, une voie, une issue où réfugier un instant le doute et la raison...

2 ème Écriture Équinoxe de Printemps 

 

 

DSC01063