L__ME_DE_FOND_

 

 

 

BLUES AFRICAIN / LA SOURCE 

 

L'ÂME DE FOND

 

Comme un écho   une complainte
livré  à ce blues éminemment Africain
j'ai dans la tête qui résonne
si fort la criée aux déracinés de la terre des Ancêtres
Sur la mer obscure du Pot
au Noir       le chant des exilés se lamente

Assis face à la mer de Gorée
la musique spleenétiquement
nouée à la longue houle océane
s'en revient des contes  lointains
que j'aime et qui me rivent au tout
dans la souvenance dévastée des îles

Tandis que la lame de fond
ne laisse sur la grève et la jetée
aux tréfonds de l'âme qui s'esseule
que larmes et râles 
Je fais mienne la romance des  Océans trahis

Qui du paraître ou de l'éphémère  
m'absente et m'isole    Ô  camisole
de cristal où vaguent ces clartés
en esprit  nûment  qui me  fascinent  
Sur le seuil du partir      sans autre convenance
ton aura comble  l'instant de vérité

A bord de ce corps
qui n'en finit plus d'ahaner
à force d'ahans ridicules et vains
je condescends à la défaite
de l'artéfact et du factice
la chute par trop corporelle  des prophéties
pour rejoindre enfin quelques
témoins  égarés au royaume du vide  et de l'essence 

Ainsi de l'âme - de -  fond - en comble
qui emporte tout     En un éclair 
fonde l'être et le néant
des illusions en nous ramenant
à l'inexorable hasard
des nécessités pompeuses
comme aux fards des piètres vanités

Âme au  fond     tu es à la mer
ce que le coeur fait de l'homme
de bonne volonté        fidèle et vrai
au pacte d'allégeane à jamais scellé    demeure 
D'entre le mot et le Verbe
il n'est désormais plus rien à glaner par le céan des arrivés 


Le délire et la folie me sont enfin
manne et providence       compagnons 
de la dive  solitude  qui en son chant
puisent et se ressourcent 
Océan de lames si profond où
vagues l' âme des innocents
 l'ombre nébuleuse des tyrans m'est ténèbres 
Toi qui réfugie la douleur des Mondes        Prends-moi une fois pour toutes 

!

MARIN - MAL AUX MONDES -

2 ème Ecriture en l'an 56