FUGUE_

 

 

 

Ecoute ce que je confie
à la mer qui me prend
et reçoit mon tourment
quand je lui dis tout
ce que en moi  elle ressent

C'est une fugue
je  la- voue
aux soleils marins
que le peuple migrateur
hante à souhait
quand vient la saison
des petits albatros

Point de tillac 
ni de lents vaisseaux
pour contrister la Lyre
toute la poésie
des anges de l'océan
que l'on poursuit
en les traquant
jusqu'au massacre

C'est une fugue
Ainsi d'en tracer le dessein
le sens
l'empreinte prodigue
des sillages que je creuse
qui ensemencent d'autres sillons
qui ne se voient pas
comme ils s'en referment
tant ici-bas

J'entrevois en fuguant
le providentiel désert  arcane
où s'allégir du fardeau de durer
avant que de partir
encore plus loin
comme ondoyé
au-delà du pavé

Et tu me reçois déjà
Mer-Océan
toutes les fois en sursis
dont j'apaise
sans fin le feu
d'un exil
dont je suis consumé

Au royaume de la fugue
point d'artifice
ni de vitrine
qui soudoient l'enfant de toujours
la nuit   la solitude
pour uniques compagnes
et l'attente de l'amer
qui l'eût guidé
droit dans le soleil d'un fanal

§

MARIN - Mal de Terre -