MARE_NOSTRUM_

 

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Voici un Texte que l'étude d'une  vieille carte de la Mer Méditerranée, datant de 1670, aura inspirée... En outre, le sort tragique qui lui est asséné, malgré elle, la rend ainsi immensément sépulcrale, tombeau à ciels ouverts de la Civilisation, de l'indifférence des puissants, des faiseurs de guerres incessantes. Ce n'étaient pas là les desseins de l'Azur, des Océans et des Mers, fussent-elles Mers Intérieures. Bien sûr,  ce texte se veut louanges d'un passé féerique dès lors il reste dépossédé d'une histoire aux champs de batailles navales sanguinaires, de ces aventures de conquêtes infâmes, au nom du dogme, de la dominance, de la quête de richesses, de toute pacification illégitime fondant,instituant, imposant la pensée unique de par les mondes.

La Mer aura donc aussi et hélas ! favorisé les moyens et les outils de la conquête, depuis la plus haute Antiquité tandis que les airs, rapidement, sèmeront l'horreur  et le chaos immédiat, en vainquant aussi l'Azur. C'est là un constat, l'expression d'une dialectique factuelle implacable et des anachronismes insupportables de notre Civilisation !

Enfin et  un peu de poésie pour rêver, espérer, tenter peut-être de réveiller le politique, le technocrate, l'armateur et l'industriel, les chefs de guerre... Recouvrions-nous un jour ces rivages amènes ? réinventerions-nous  la Mer, l'Océan, le sens des Îles, la place et l'aura que chaque rivage pourrait à nos yeux revêtir de paix et de sérénité. L'essence du Voyage, de la Rencontre, Pèlerinage aux Sources ...

Nous choisissons pour illustrer ce long Texte, une Musique de SAVINA YANNATOU, Artiste Grecque, chantant depuis toutes les rives de Mare Nostrum, de la Grande Mer, depuis une toute petite chapelle qu'abrite une ceinture de rochers, là-bas, quelque part, qui sommeille à l'orée du chant des vagues inextinguible ... Jadis, à l'ère Paléochrétienne, tout juste débarqués d'un long périple, les pèlerins y étaient baptisés, dès les premiers pas allant sur la terre d'un nouveau monde dont ont eût espéré qu'il fût tout d'amour et de paix.

Nous tenons beaucoup à cette Évocation de la GRANDE BLEUE

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Manos HADJIDAKIS 

  • "  ... La mer apportera des oiseaux et le vent des étoiles d'or, qui viendront jouer avec tes cheveux et baiseront tes mains. La lune est en carton et la plage n'est qu'un décor de théâtre, mais si tu croyais en moi tout serait réalité... "
  • "...  01 Je t'aime parce que tu me ressembles, mer profonde ; jamais tu n'as a un moment de calme, comme si tu avais un coeur qui bat - mon propre petit coeur ...  " 

 Silences habités de la Grande Mer  que cette Voix porte, immensément amoureuse de la Mer, compassionnelle ... Savina Yannatou, ici, rayonne


ALLONS
RÉINVENTONS LA MER
L'ESSENCE DU VOYAGE
AU-DELÀ DE LA MER LATINE

 


Pèlerin   toi qui loues la souvenance
de la Grande Mer
tu souris au visage de l'éternité 
Mare Nostrum est si bleue si vaste
Jadis   l'Univers et les oracles
arboraient ses redoutables limites
Là-bas vers les Colonnes d'Hercule
de l'autre côté des mondes inconnus
lorsque Hélios menait le char du soleil
en embrasant les ciels empyrées

N'évoque plus   Marin  la mer immensément vide
et par trop cernée  lorsque l'entité dévoyée
et  pérenne ne saurait être
rapportée au sort étriqué du sens commun
au diktat  blessant des modernités surpeuplées
ou à ces horizons que souillent
aveugles  l'erre comme l'ère
l'air de ces viles époques que tu éprouves avec Elle
D'insanes fléaux battent le rappel funeste de la mort
sonnent le glas au coeur affligé  de la Rose des vents
obstinément  avec une rare perfidie

Redonne à la Grande et belle Bleue
ses prairies  ses étendues safres
dont bien des contrées et leurs peuples
caressent encore les charmes perdus
qui vont irradiant la beauté solitaire
l'unicité de ses multitudes d'îles    aux silences entés
de thébaïdes auréolées de nues  où vaguent des silhouettes Océanides

S'il est vrai que la mer rend toujours au rivage
ce qui lui a été confié ou abandonné
fusse même l'accablant tribut des naufrages
en ces menées de guerres et de pillages
incessants et de complots parjures
qui n'épargnent ni l'homme ni l'azur
comme il est bon et apaisant de penser
la Grande Mer ainsi que l'évoquerait
et le permettrait une saine vision
du monde à visage résolument humain
La mer perse   les Océans  ô mémoire absoute
de tous les péchés   de la barbarie tenace
unitivement et toujours palingénésiques
sources insignes de vies éternelles

A  bord de l'imposante carte d'antan
songe un peu       que vienne l'espérance
au regard de tous les vieux portulans
appareille    nomade      toi    l'aventurier
é-migrant   redécouvre ce que les flots
à la liberté   à la rencontre   au voyage
et à l'émerveillement accordent de joyaux
de justes et de sereins partages
ces échanges à toujours pacifiques
que les hommes auraient du et pu s'offrir 
de la Terre        Que la Terre et la Mer
ainsi soient honorés par-delà le ciel
au-delà des siècles pour leur virginité

Dans les âges reculés  il n'y a pas encore 
si longtemps    n'évoquait-on pas
toutes les mers de la Grande Mer
dont le nom chantant suffisait à désirer le large
la féerie de ses rivages ravissant
le Levant et le Ponant   depuis les îles
les Golfes de Lion et de Venise
sous les cieux d'Orion enivrés
des vents de Borée

Ô immensurables clartés
que la raison perfide dévore   implacable
L'or noir en est venu à bout   le brut
grime de son flux putride les ors
le trait de côte vénéré et le port
où veille la lumière des phares
depuis le colossal doyen d'Alexandrie

Explore plus loin    honore le temps 
l'aile et son secret qu'emmènent
l'Alcyon et le Puffin   Que l'épure
miraculeuse et générique revête
nos navires   nos espars    de voiles porteuses
La rive n'est-elle pas plus belle
lorsque dans le secret d'un sillage
la grève se livre à l'évanescence du jour
Les cimes alors  émergent au comble voilé
de la chaleur matinale  déjà vespérale
des brumes étésiennes et  odoriférantes

Ainsi en était-il de la Mer d'Espagne
et de Barbarie    par-delà   Mer de Ponant
Où peut-être en cinglant entre deux Îles
souverainement soeurs et si proches
au large de la Mer de Provence
et de Marseille  convoyé à bord du grain blanc
en doublant la Mer de Corse et de Sardaigne

Laissons-nous porter par les Aquilons
de la Mer de Gênes    Élongeons l'Etrurie
par la Mer de Toscane avant que de croiser
en Mer de Sicile    Osons sous le vent la Mer de Grèce
la Mer d'Afrique et les frayeurs d'Enée
touchant au Golfe de Sidra
les bancs de Scythe redoutés des galères
avant que de serrer l'Eurus
l'Auster brûlant
voguant au plus près de la Mer de Lybie  au portant

Vers le Septentrion   s'étire déjà l'Îsle
et la Mer de Candie   de Scarpanto
le Golfe de Satalie à peine visible
où s'égare le puissant Meltem
et les vents étésiens    dont l'aura s'évase
tandis que les portulans  se font moins précis
fraient par la Mer du Levant     oscillent
irrésistiblement entre la Mer d'Egypte
la Mer de Sorie que la haute Bekka
et le Nil   impérial     abreuvent en ton nom

Ô Mare Nostrum      voilà ce que les siècles
auront retenu de nous et à jamais figés
Les mystes veillent   Tant de  foi vagabonde
erre de périples en voyages aux portes
de la légende et du mythe en quêtant nûment
un compagnon d'aventure  quelques rimes
que de lointains aèdes reprennent
Ô choeurs-tragédies  vagues thrènes 

Je dis et je crois qu'il nous faut à la fois
réinventer le temps du voyage    l'alentir
La découvrance s'en remet à la souvenance
pour tout recommencer    qui apaiserait l'Azur
les Cieux enfin         un Ciel dont on dit
qu'il prélude à l'Eden  à l'Ether   aux Limbes

§ 

 

MARIN  - MAL AUX MONDES -

En toute  première Écriture / En cours ....!