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Une année, il y a déjà longtemps de cela, le Levant s'installa sur notre Île ; nous étions au mois de Mai. Il ne nous quitta que trois semaines plus tard ! La côte Occidentale, notamment le Sud-Est de l'Île, furent les plus concernées par ce flux d'Est tenace, sec et frais...

Le Ciel, tantôt voilé, tantôt d'un bleu intense fascinait.  La mer  plate et  les horizons  si lointains, comme lavés, conféreraient  à ces tableaux une infinie profondeur où vaguaient les senteurs, les lourdes fragrances du maquis en fleurs. Plus on s'éloignait du bord vers le large, plus les cimes, les sommets de notre île semblaient gravir l'immensité de l'azur. Les ocres du trait de côte mordoré roussissaient, indéfiniment sinueux. La course du soleil en déclinait les précieux camaïeux. Ces ors surgis d'une autre ère, des temps de la fusion et des métamorphiques plissements côtoient les craies primaires du Causse Bonifacien. Toute une alchimie minérale affole ici le cristal des eaux et des fonds.

Ainsi, des vents à la pierre,  l'eau soulignait l'oeuvre du temps, cette eau à la fois pure, inaltérable, si dense et si légère à la fois  lorsqu'elle transfigure les îles.

Ainsi le Levant se partageait entre terre et azur, accordait à la faveur des baies et des golfes ces écharpes de brumes rafraîchissantes qui tard dans la matinée déliraient  encore. Sur le ciel, en amont, de larges rues de nuages parachevaient leurs pannes, signes de probables  renforcements des vents îliens.

!

MARIN 

 

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