korafola

 Korafola ( The Kora player) - Print by Mariam Martinet aka Angel's hair
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OTIS TAYLOR / /  ALI FARKA TOURE   ... A ÉCOUTER SURTOUT CES BLUES 

 

Le Blues          
Ô déshérités de la  Terre Africaine 
 Goré      Teranga 
spleenétiquement
plane
sur les champs pers
de la mer
 coule depuis le chant du fleuve Niger
vers la  source du Mississipi

Compagnon
d'une foi
bleu-océan
ta complainte
chavire toujours le coeur 
mais jamais ne meurt
quand elle hante le ressac
L'horizon des dunes
a cédé à l'inconnu des lames
et ton couteau entaille en cinglant
les cordes éplorées 
de la lointaine Kora

Dis-moi   Noble lignée esclave
combien de vies naufragées  de larmes
la mémoire perpétuelle
rappelle  
quel souffle vague
comme un regard
hèle
et ne peut oublier
l'exil et la géhenne de l'eau  
les viles menées froides de l'Occident des blancs

Dolente est mon âme
inlassablement happée
par le tourment des cales  
de la souffrance que le vieil homme entonne

Un mal tenace justement  commémoré pour avoir été initié
au large des alliances tues
Mais sur l'océan   les  pactes  des traités
coudoient les abysses  
d'une présence
qu'on arrache obstinément
à la liberté  à l'égalité
et puis à la fraternité

Abandonnés à l'errance
l'esclave   l'ancestral migrant
versent toutes les pleurs  
d'un cri d'adieu
de la déchirure
et les profondes blessures
de la Traite des Noirs 
saignent
depuis les vastes empires
de Barbarie  et les campagnes inutiles

Le parvis des dogmes
étincèle
de vains dieux sont assis à la table des rois
ignorent le chant noir de la révolte
s'évertuent à consommer  l'odieuse contrition des idéologues et des forcenés

!

MARIN - Message à la Mer - Aux Victimes de la Traite des Noirs 

 


« ...un homme noir tout maigre avait commencé
à jouer de la guitare près de moi alors que je dormais.
Ses vêtements étaient des chiffons.
Son visage portait la tristesse des âges.
Pendant qu'il jouait, il a appuyé un couteau
sur les cordes de la guitare. …
L'effet était inoubliable. C'était la musique la plus étrange
que j'avais jamais entendue. »

 

— William Christopher HANDY