BLEU__SCANDOLA_

 

L'ETERNITE EST INSTANT

 

Scandola, ou les feux de la terre et de la mer mêlés !
Aventure, voyage au centre d'un volcan éteint dont le socle,
auraient éclaté puis basculé dans le chasme ...

BLEU-SCANDOLA 

!

 

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Une nuance azurée, peau si jeune dont le mirage soyeux
ne démériterait pas dans le vaste concert des couleurs
et des contrastes choisis par l'Artiste,  grand Ordonnateur ;
tant de peintres aimeraient à en posséder les tours
insulaires fascinant l'exclusive d'une rareté marine.
La composition de l'Alchimiste sublime l'imaginaire
des hommes épris de nature et d'océan.
Qui prétendrait détenir pareil secret ? tant d'interactions
et de mélanges confèrent au sacré... Préciosités,  bleuités !
D'entre toutes les métamorphoses, depuis lave et magma,
le tumulte de la terre rougeoyante en volutes plonge
dans la Grande Mer. Lahars, orgues basaltique,
rhyolite et dolérite, granite porphyroïde des calanques,
ici, recomposent l'instant en un reflet, une moire : c'est unique ! 
Univers à la fois dantesque et divin
où la solennité des mirages aériens rivalise avec le lointain
silence de la mer, aux portes des flots de Balagne et de Ligurie
que le Libecciu étire à l'infini, vers l'archipel toscan.
Et lorsque l'onde de la houle de fond découvre les trottoirs
millénaires concrétionnés, la limite évanescente des eaux,
des airs et des rivages accores, on entend comme
un bruissement originel ; par myriades, les bulles de gaz
remontent de l'ère des titanesques éruptions volcaniques.
Le pétillement unissonant de l'écume, en cascades,
imite l'alliance hypothétique des eaux bouillonnantes
et de la terre incandescente. Ainsi du chaos gagnant
plus de magnificence et de splendeur, selon
l'intelligence prodigue et obstinée du Cosmos.
Il est ici comme un défi à la raison, à l'entendement ;
place à la foi, à Genèse, aux mythes fondateurs de l'étant,
des titans et des dieux plus vieux que la Mer Morte et l'Olympe.
Et si le Diable avait été bâtisseur ?  de retour de la légende
ouvrageant depuis ces forges minérales, en une seule nuit,
la chute irrévocable que Sisyphe incarne à chaque cap ?
Le vertige des tombants aux abysses safres se lient. La vie,
immémoriale, y loge toujours sans avoir subi
l'altération insane des certitudes de l'évolution extrinsèque
et schismatique qui trahit toute néguentropie.
On ne saurait concourir en pareilles sphères éthérées !
L'homme ne fait que passer. Quant aux regards d'une Île,
aux yeux bleus perçants de la pierre ocreuse, ne figent - ils
à jamais l'empreinte de celui qui, venu en son sein
pour s'émerveiller, abdique, prosterné qu'il se trouve
face au temple de l'accomplissement, du monde réel,
toujours intouché, résolument protégé, préservé,
tel le seraient l'écrin et les joyaux des profondeurs !
Allant, par le sillage sitôt refermé, de repères en témoignages,
nous effeuillons un livre à ciels ouverts où les choses
, décelables à souhaits, composent et portraient  encore  
 l'harmonie. Points d'accrocs qui eussent manqué
aux desseins imprescriptibles d'une céleste souveraineté !
Non ...! Entre élévation, découvrance que rythment houle et
marée, c'est l'appel enivrant du grand bleu.
L'eau et la matière ignée convolent sans cesse ;  insignes noces...! 
Et si ravages et chaos d'un volcanisme 
au tellurisme ancien ont ordonné un jour l'enfer de la caldeira, 
ils ne sont plus que linéaments et figements rougeoyants
aux extrêmes, renaissant du jour et de la nuit
qui vacillent aux confins de toute clarté. Le visage de  l'éternel
plane, comme il se mire. L'Eternel personnifiant le créé,
du moins l'inexpliqué, l'irrationnel à qui il convient
désormais de donner un sens, d'accorder une issue
respectueuse du tout, entre immanence et incréé. De la vie à l'essence,
par-delà l'absurde, l'existencialisme
philosophique des mots devenus par trop creux et vains...
Le bateau se fraie un chemin en côtoyant pitons de basalte  
et falaises. Des pinacles rocheux coiffés de hauts nids,
aux dalles des falaises tournoyant au gré du vol des
aigles-pêcheurs et  des martinets, des millions d'années
dévoilent leurs cirques hallucinants, leurs citadelles pétrées.
Orgues basaltiques, filons de dolérite et de quartz blanc,
sur fonds de rhyolite jaspée de calcite nous contemplent,
se partagent autres veines et camaïeux. L'antre des grottes
aux échos caverneux de l'immémoriale souvenance
des phoques moines aujourd'hui disparus, gronde.
Féeries accomplies, aucun autre créateur  ne pourrait rivaliser,
au firmament de la Lumière, au faîte du grand mystère.
Hasards, nécessités de quelque célestielle complexion : 
comment délinéer les contours d'un dessein
plus qu'intelligent, ces horizons de probabilités
qui auront certainement et rationnellement engendré
la Vie, une vie émergée du chaos, de la renaissance
perpétuelle des étoiles et des astres, tombée jusque là,
déposée sur la margelle de l'abîme pers,
si près de l'authentique, de l'irréfragable  révélation
sacrant en choeur sous la vaste nef étoilée,
entre dévalement et ascension, le visible et l'invisible.
Que ne fais-je d'autre sinon rêver les choses qui me sont accordées, 
dont je suis, pour un moment d'écriture, l'humble passeur.
Que la prose et la poésie rallient les senteurs, l'audace des
rochers aux silhouettes graciles que les vents sculptent et animent.
Les vagues demeurent à toujours chant, vont
par l'antienne, la litanie  abyssale  de la solitude
refonder le mutisme perpétuel de la création, un silence
Bleu-Scandola, impénétrable et si clair à la foi 

!

 

MARIN
- pour CORSICA...GO56 - La Vie, l'Amour d'une Terre -

2 ème Ecriture et en cours ...

 

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