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 « il faut imaginer Sisyphe heureux » 

Albert CAMUS 

 

En effet, il le faut. Albert  Camus côtoie ici le sens  transversal de la vie, de l'existence à la Nature mêlée, éminemment sensée  ! Dans ce petit univers, Sisyphe  aboutit, malgré le mythe et toutes les interprétations qu'on en fît !... Images, digressions toutes subjectives, certes, mais de circonstances ; le rêve s'invite pour y être magnifié ; incontournable et conscient ! Même le Diable, selon les légendes locales,  l'aurait aidé et l'assiste toujours  afin de hisser au plus haut des ciels ces monolithes imposants qui trônent, telles stèles sur l'azur antique et véritable des mystes.

Nous n'aurions certainement pas affublé le réel en ces lieux de transcendances minérales et cristallines. Lever des rochers énormes vaut  tout l'or des mondes  à jamais incréés,  nous dit Sisyphe. Un monde en devenir, sublimant le songe au lever  de la brume matinale, lorsque  l'aure des vals accourt et frise la chevelure des vagues ivres du  chant des oiseaux.

Voici deux témoignages qui signent,  non l'absurde,  mais la complétude d'une entité sphérique habitée par les dieux. Sisyphe l'honore,  le diable lui donne l'accolade, ouvrage en une nuit  les paysages d'une terre devenue exécrable, inaccessible, par vengeance,  mais qui à nos yeux rivalisent de beauté et de splendeur. Dilemne  insupportable !

En serait-il alors ainsi de la lutte incessante du Bien et du Mal, des métamorphoses et du hasard  qui en parfont  l'accomplissement durable et intelligent ?  Que de questions, mon Dieu !  Où êtes-vous ? Au silence qui s'ente à ces figements éloquents, que ne dois-je encore douter et blasphémer ! ... Vous  qui êtes  donc de la création, du hasard et de ses nécessités, entre l'improbable et l' illusion, chaos et sereine thébaïde, je sens comme une pesante présence. J'ouïs la plainte des phoques moines qui se languissent de revenir, de taire  l'écho dolent  et planant des grottes marines. Le chant des Balbuzards Pêcheurs en rehausse la portée, la relaie, conviant les derniers pinnipèdes  pour le festin et les noces marines.

Je me hâte d'écrire ; de dire, de penser un peu ce que les sens offrent à mon âme ! Qu'importe le mutisme de ces pseudos amitiés ridicules qui se moquent de la poésie, de la prose ; je les laisse au quotidien des mots creux ! Oui, j'aime la densité, la profondeur de ces pensées fantasques que la Nature me suggère !  Mère-Nature qui soigne du Mal des hommes et du cerveau - machine - froid  des systèmes auto-asservis ... Oui, entrez, mesdames, Messieurs, lisez et, surtout, ne dites rien qui vous dénonce  et vous trahisse !

" Il faut imaginer Sisyphe heureux  " !

 Oui, oui, il n'est pas mort mais poursuit son oeuvre dans la foi des choses simples qui animent et lui confère cette folie d'être aux Mondes de demain...

MARINARU 

Revu et corrigé le 69.15.3987

 

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