TRISTESSE_

 

L' EN-FER

 

Mer au pur argent
Mer du vent frais 
et de l'air en fusion
Le soleil au zénith
darde de chauds rayons
et nos routes s'esseulent
s'ouvrent comme elles vibrent
au vaste faisceau de vie

Un avion s'envole 
Une petite aile danse
sur l'azur avec l'alcyon
en décline les camaïeux
Le temps de la clepsydre
une palpitation
défient le défilé à réaction
des heures dilatées
des jours  qu'un En-Fer 
compresse  et    dilacère

Au plus haut des ciels 
vaincus
tout n'est que vombrissement stridulent
funeste fumet 
de la mort patente 
tandis que sur la Grande Mer
sépulcrale   l'exode
se débat
quand juillet innombrable
achève de s'ébattre en fuyant la termitière

Où suis-je     que fais-je
Pourquoi là     et  non ailleurs
en ces jours   redevenu
insouciant pour ne pas être
oublieux
Ce soir    la fête sera de nouveau
à l'horreur       au bain de  sang
des luttes prophétiques
entre tyrans et marchands omnipotents

Déjà  l'aube  qui peine à se lèver 
terne et si triste
Avec elle    le vent du Nord
revêt le deuil de la ville
d'un sombre manteau
de nuages plats 
Chape mortuaire     Ciel en berne
figent à jamais les larmes innocentes
le spasme qu'étrangle  la déchirure de coeur

Je suis là      si las
le sanglot bas 
au ras des brisants
que je côtoie
La mort veille  comme elle tonne
à chaque coup sourd et aveugle
de la houle
Il me faut approcher
les dieux souillés
et mêler nos pleurs   la prière
au céleste glas

Ô solitude
compagne de toujours
donne-moi
plus que de  raison   foi
en Tes silences azurés
Champs d'écume vierges
qui n'êtes que d'En Haut
abluez toute semence
La douleur et le chagrin
ont par trop germé

Que m'importe pareille vie écartelée entre joie et douleur

§ 

 

MARIN - Pensées en Mer -  

Aux victimes de l'Incurie, du Système, de la Logique effroyable des armes et de toute Soumission. Aux ténors du Chaos :  l'échec de la Pensée ; les termes de l'échange, les collusions n'ont pas d'odeur, tout comme les Milliards de la très haute finance qui sèment l'impensable. La guerre est bien là, mais ce sont les innocents civils qui meurent dans des conditions d'atrocités et d'odieusetés  effroyables, sur notre sol, nos terres, partout, malgré les mesurettes !  Jusqu'où, jusqu'à quand ? Allons-nous assister ainsi à l'insoutenable, chaque mois que les saisons font, attendant le coup de grâce de la barbarie, comme aux temps des Huns et des Barbares ?  Tandis que les armes défilent avec force ostentation, un seul camion fou s'apprête à liver la mort, par centaines ! Mais quel est ce Mode de Vie, cette société où l'on survit, en sursis, totale dérision ? L'existence ne nous appartient plus mais demeure l'objet de rouages et de logiques qui asservissent l'être plus qu'ils  ne le servent vers  la paix, la prospérité, l'harmonie !