UN_FOULARD_ROUGE_

INSPIRATION 

De l'Image à l'Acte 

 

Ainsi allait une vision. Au vent, par-delà la mer d'argent,  " un foulard rouge tournoyait  dans le soleil " ;  quelle plus belle image ? ... Mirage, présence ou tout simplement apparition virtuelle ? Qui le saura si ce n'est l'auteur de cette phrase, à l'orée d'une pensée éminemment poétique ! Merci à son auteur ...

La mer était au  " Canti di u Libeci "  vous savez, le vent fou de l'Île de Corse qui balaie la Mer de Balagna et la Mer de Corse, plus au Sud, vers le vaste Détroit, les Bouches de Bunifazziu. Les flots intumescents, irridescents, là-bas,  irradiaient les roches noires des pointes et des îlots  acérés. Le fracas de la houle ne laissait plus de gronder, de tonner, comme l'orage de haute montagne incessant et saisissant.

Et si le " Foulard Rouge "   virevoltait, cela voulait aussi dire que le petit esquif, en changeant d'amure, en passant d'un bord sur l'autre, ne perdait jamais de vitesse et fusait au diapason de très hautes ondes marines et bleutées.

L'air du Libeci est dense, opaque, brumeux et il faut attendre que le soleil décline, vers le Ponant, pour que la mer recouvre ses transparences et les clartés habituelles des jours de grand vent.

Le "  Foulard Rouge "  traçait vers le large de longs bords et se plaçait pour revenir le plus au vent possible des vagues et de la pointe dangereuse qui circonscrivent un immense terrain d'aventures parsemés de secs et de haut-fonds.

Les mousses et l'écume, toutes les formes du déferlement des vagues lui sont familières ! Le " Foulard Rouge " les reconnaît à leurs couleurs, leurs densités, la sculpture des lames qui brisent un peu partout. Destination inhospitalière, certes, mais Ô combien exaltante quant aux possibilités de glisse extrême que l'on rencontre. En ces lieux exposés aux rivages dentelés, le moindre détail à la côte, l'indice  insignifiant sur l'eau compte et, se doit d'être interprété sans erreur, à chaque fois de façon différente... Rien n'est acquis ! 

Un " Foulard Rouge ", un souvenir penné, comme une probable empreinte  qui  sur l'azur flotte déjà, depuis longtemps. Éternel retour des vagues, de ce qui fut et ira encore et toujours, par-devers la souvenance de la Grande Mer, de Mare Nostrum. Quintessence de la Liberté d'exulter, de mourir.

Mêmement, idée d'un humble récit, d'une quête, de cette harmonie indicible où l'âme, d'un commun accord avec une seule lame, tente de rallier un point ultime : sibylline rencontre, Oméga ! 

A l'Auteur de cette Image, ainsi muée en un instant, tel ce  " Foulard Rouge qui tournoyait dans le soleil " ;  et oui, ami,  ! droit dans le Soleil et la concordance des temps antiques. Ainsi de la volonté ... Dionysos et Apollon parfont l'ouvrage des métamorphoses, Ovide exulte, les aèdes écrivent pour ne pas mourir vains  

!...

" MARIUS ", pour CORSICA...GO56

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