Oui, ce matin et au lever du jour, tandis que le soleil Levant irradiait les ors de la vaste chaîne de Cagna, vers le Ponant, nous vîmes de très longs rubans de fumée, de  pollution. De larges bandes ocreuses, orangées qui se succédaient et semblaient onduler dans les hautes sphères, au-dessus des cimes, là où d'ordinaire les montagnes soulignent un azur franc et profond. Point de nuages, ni brumes, surtout pas à cette altitude, mais l'assurance, qu'à la faveur d'un léger courant de SW et du relief, il s'agissait là d'une dense et opaque pollution.

Ajoutons à cela le pic d'ozone, les températures qui caracolent, une sécheresse devenue endémique à cette période, de surcroît  sur le château d'eau de la Méditerranée et vous aurez un tableau tout droit issu d'une modernité éclatée, si mal gérée, bouleversant l'ordre naturel des choses et des saisons.

Il fut un temps où l'on tutoyait  les 30 ° C, en périodes de pics de chaleur, voire même de canicule, aux mois d'Août surtout ; cela ne durait pas ! Mais 40 ° C sur tout le territoire, dans  les villes où les arbres sont abattus pour loger les parkings des grandes surfaces recouverts de bitume noir et puant, etc ! Où va-t-on ainsi ? Que voulons - nous si ce n'est un enfer  à court terme ...

Nous nous souvenons de ces levers de soleil si clairs et si transparents des jours sans le vent, en été, que nous fussions en Juillet ou en Août, l'air était d'une pureté et d'une fraîcheur délicieuses. 

Sur la mer, on traverse des poches d'air chaud, moites, un flux collant avant que de recouvrer l'air frais qui est le sien, les jours de brises  ou de fort vent ! Constatation hallucinante mais vraie !

C'est un tout affligeant, dont chaque partie semble se lier pour le pire à venir ! Une réalité que tronquent et masquent les services susceptibles d'en rendre compte.

Au-delà, la route tue, la route souillée de part et d'autre d'imondices, de mauvaises manières !... Voici le tribut du profit amassé en masse sur le dos de Nature, sans la structure et l'éducation  capables d'en absorber les excès et les forfaitures sous-jacentes !

Il faut le dire, car du temps qu'il fait désormais  aux miasmes que génère une société aux abois, déliquescente et insatiable, nous voyons notre qualité de vie péricliter chaque jour que les saisons tentent de maintenir  à flots.

Oui, disons ce que deviennent nos cours d'eau, dont le flux frais et cristallin d'antan, qui traversait les étés les plus chauds, ( on y faisait tous les jardins potagers ), aura été 100  fois capté avant que de s'enterrer et tarir ; ainsi fleurit-on  sa pelouse en réalisant mille captages sauvages.

Combien de vallées sont ainsi privées de vie, faute d'eau en aval ?  Les rivages dits lacustres croupissent, le peu de flaques restant stagne et surit, pourrit !  Le soleil brûle tout et les figuiers jaunissent, perdent déjà leurs feuilles. Par les côteaux et les versants des collines, les chênes verts meurent par centaines. Le soir, à la veillée, les yeux  vous piquent tant la concentration en gaz de l'air atteint des sommets ; l'aéroport tout proche lâche à chaque atterrissage et  décollage ses milliers de litres de Kérosène, l'équivalent de 3 à   6000 voitures  / heure ! 

N'oublions pas l'infecte vague de béton, perfide et obstinée, qui chaque année rogne le littoral, s'approprie le  sable, les dunes, le peu de couvert végétal que la frange marine  abrite, enfin ce qu'il reste de nature  ancestrale.

Dans ce méli-mélo infernal, cet imbroglio glauque, telle  une soupe infâme, la modernité brandit le nerf de la guerre et condamne une Île à se vendre à l'encan comme elle s'en défend en usant de ses faire-valoir, de ses derniers  clichés en sursis

Ghjorghju d'OTA 

Pour CORSICA...GO56