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La Mer parfait les premiers  linéaments de la terre ! La terre,  c'est le feu figé,  livré aux métamorphoses de l'eau ; noces perpétuelles où les éléments entonnent l'ode des dieux de la Création, des travailleurs oeuvrant aux harmonies du Cosmos ! Et de s'impreigner du merveilleux des sens que l'azur chavire pour tutoyer les étoiles.

La Mer !  miroir infini où clarté et obscurité commandent  aux vérités incommensurables d'un unique reflet qui eût valu d'être  vu et relaté. Un autre ciel ouvert sur l'éternité ; le temps qui s'enfuie et demeure insondable, sans tain ! fabuleux dédale où palingénésie et genèse se donnent l'accolade, en boucles, pérennes ! L'Océan évoque la  Mer encore plus vaste et plus grande, l'infiniment bleu des vagues et des vents festonnés d'une pétillante pureté...

En survoler,  sur l'eau,  les étendues et  les champs, comme par miracle, m'est une manne mystérieuse, sans nom ni date qui les eussent enclavés ou  réduits à l'aune d'un intervalle et d'un prisme qui confinent à l'existence et ses déterminismes réducteurs !

Serait-ce là appréhender un peu Dieu, ce qui transcende et sublime l'instant, l'espace d'une  céleste source qui eut à un moment linéaire pensé la vie sur ce petit vaisseau parti  à la dérive dans l'océanité de l'Univers ! Et puis, sommes-nous les seuls ? Que démontrerait la certitude d'une autre forme de vie ailleurs ou  la même ? Il en est aux tréfonds des abîmes liquides, inconcevables pour la raison, et pourtant, viables !...

 La Vie :   fruit du hasard et de ses nécessités abyssales ouvrant jusqu'aux harmonies qui nous soit données de contempler vers les confins du visible numérisé, du sacré, de la  splendeur, mais  à toujours  ineffable.

Sentiment océanique, me diriez-vous ? Certainement pas ! Juste un regard posé sur l'accomplisssement de l'univers, du cosmos, ou plus prosaïquement : du  Logos des Antiques !  Pensées Pascaliennes, vertiges  Rimbaldiens, délires Baudelairiens : peut-être ! Mais ici, errance  et solitude sont prodigues qui portent l'aventure, la traversée jusqu'aux vagues  nues  du ciel et de la mer confondus.

Il est des jours si intensément bleus et mélodieux que la prière s'invite, au-delà de la petite histoire d'un jour ! Comme un dialogue avec l'ailleurs, le probable, l'irréfragable retour de ce qui fût, mêmement ou en devenir ... Qu'importe !  mais de ce qui aura été et qui se souvient en nous, de nous, si près de nous ! La mémoire, l'intuition ne s'emplissent, ne se comblent point pour satisfaire le néant, le vide, la destruction totale de tout rapport à la souvenance susceptible d'appréhender ou d'entrer dans l'éternité, après le règne du corps, au coeur du vivant, de la pensée immortelle ... Quelle effusion ! comment et pourquoi le recours à  une telle dérive sémantique, à la métaphysique ? Mais comprendre, embrasser ce qui nous arrive.

Il le faut !  l'âme ne saurait ainsi mûrir, parvenir à l'acmé de l'esprit éphémère... La perception du Tout harmonieux dont chaque partie procède d'une intelligence cosmique vaudrait le plus beau des viatiques, des détours ici-bas. Péricliter sitôt le dernier souffle expiré, au seuil de la sagesse, de la lumière, verser dans le néant ad vitam aerternam : quel projet insensé, vain, insignifiant !  

La Mer, l'Océan, un dessein, la foi en la vie fondamentalement  létale et la mort palingénésique, la renaissance vers l'inconnu ! Rapports existentiels duels, certes, volonté inextinguible que l'être sollicite pour recouvrer  l'imminence de hautes sphères  silencieuses, telles les vastités sur lesquelles l'aventurier, le solitaire, le hauturier  ouvrent  vers les étoiles de fabuleux vitraux, s'initie à la fin terrestre latente sans la défier, s'aprivoise peu à peu  !

Aucune fable, point de délires, entre mythes, paraboles  et réalités, par-delà le Bien, le Mal, il convient d'oeuvrer vers plus d'achèvement et de complétude en ce  monde qui interpelle  et révèle  le génie de l'homme mais  non ses capacités à tout détruire et nier sur l'autel de la sacro-sainte raison du plus fort. Ainsi vie qui veut vivre parmi d'autres vies, participant jusque vers l'autre vie au merveilleux accomplissement de ce qui fut déjà

MARIN - Pensées en Mer  -  Mal de Terre, allant  par les mondes de désolation ! Difficile exercice où l'écriture ne cesse de buter, de trébucher, de bluter la pensée en quête  d'intuition ...