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D'UN  ETE INSULAIRE  

 

Un interminable serpent  et ses écailles métalliques ondulent et renvoient les rayons d'un soleil ardent, mordant. De toutes les  plaines, à l'assaut des collines, il avance lentement, s'arrête, vomit ses volutes turpides dans un ciel déjà brumeux, anormalement brumeux. Nous sommes un matin d'été et de Mistral dont on prétend encore qu'il lave le ciel ! Il n'en est rien. L'horizon reste invisible. Le Ponant n'est qu'une vaste écharpe, bande de brume orangée, puante et opaque que notre île n'aura jamais connue, surtout les jours de vents d'Ouest.

Sur la route, en chemin, les bas-cotés ne sont que déversoirs pour déchets, ordures, emballages. Un tout infâme qui git le long d'interminables murs en agglos, - c'est la Mode, en Corse -, broyé ou non et qui se répand en une multitudes de particules plastiques et métaux sur un tapis d'herbes sèches. Les voyageurs ne s'encombrent pas, ils ouvrent la fenêtre  et balancent l'emballage ou le mégot... le feu est mis !

Nous ralentissons ; à nôtre droite, un refuge, une aire de retournement boisée, joliment agencée. Des tables et des bancs offrent aux voyageurs quelques espaces rafraîchis où se reposer et manger, en famille. Le panorama est splendide. Apparences !... La populace, ici, défèque, chie à qui mieux mieux le figatellu et autres spécialités ingérées sans ménagement ! Oui, Mesdames et Messieurs, de la merde, partout, une pestilence à vous retourner un estomac vide. Il est désormais impossible de faire halte, le PQ trône et fleurit les maquis d'été. Le ralentissement devient insupportable ; nous fermons les fenêtres et nous lamentons sur le sort des chemins d'antan... Sur la route, on ne nettoie pas ! Près des hôtels : oui ... Alors, la Corse, on peut la maculer de merde.

Nous poursuivons notre route, suivis et suivants, enfin un de ces machins qui roule par nécessités et sans plus aucun plaisir de sillonner une  île et ses routes dissimulées,  jadis merveilleuses et parfumées, au coeur des campagnes et des senteurs tenaces de l'immortelle de Corse.

Les poids - lourds énormes  rentrent dans les villages ; comment supporter entre les murs des hautes maisons de pierres ce vacarme infernal, un trottoir réduit au liseré dangereux et exposé à l'écrasement des hautes roues ? Il n'y  a pas de déviations, le piéton et l'habitant supportent. Le village est cerné, devient antre infernal où se poser et se rafraîchir sont  gajeures et vains souhaits !

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Soudain, un corps de sapeurs pompiers surgit. Une dizaine de lourds camions, une ambulance, un médecin, plus de  dix véhicules, sirènes stridulantes, déchirent le reste de silence de notre habitacle. C'est le chaos ! Plus bas et vers la mer, un incendie s'est déclaré. Il ravage quelques hectares d'une terre assoiffée, aride, couverte de pins et de jeune maquis. On fait évacuer, paniques, larmes, aléas que digèrent les touffeurs, les volutes !  Désastre parmi d'autres ravages que la pleine saison étouffe et feint de mal dissimuler. La nature suffoque quand on ne la broie pas.

Seule une épaisse frange d'écume souligne les rivages, au loin, sans autres bruits que klaxon et moteurs énervés. Blancheur éclatante bien trompeuse dans un cadre où tout n'est que rejets, souillures, clichés bien vendus. C'est la Grand Messe du 15 Août qui commence,  la Valse de l' Euro. On vit, on meurt bourré, on se remplit les poches avec cette  ingratitude consommée  et ignorante d'une nature qui ne veut plus rien dire et qui se tait en périclitant...

Nous attendions un vent fort, parfaitement prévu par les services d'un outil et des modèles aux abois ; le Mistral  ne rentrera jamais ! Il eût pourtant emporté les  miasmes abandonnés à la mer, dans les airs mais aussi et hélas ! attisé les flammes d'un feu nourri. L'air est moite, chaud, lourd ; en altitude, il prend quelques dégrés de plus. De rares espaces  de fraîcheur semblent parfois et rarement nous cerner ; illusions... Le vent sent mauvais et, cette obstinante saleté, là, en bord de route, nous écoeure et nous repousse.

Le temps est pressé, autour de nous, on  roule très vite et pour causes ; à la sortie d'un virage, c'est l'accident,  la fin du temps libre pour les vacanciers ayant choisi la vitesse et la collision. Drame ou pas, il faut avancer, cela fait partie de la Grand Messe et de ses  homélies ! La nuit, le voyageur est livré aux meurtriers ivres d'alcools et non à la liberté de goûter à la sérénité de l'obscurité, de ces heures qui s'illunent sur la mer réfrinfgente qui expire un moment.

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La fourmilière, la termitière sont plus propres,organisées, parfaitement écologiques et disciplinées ! La société est ce cloaque à ciels ouverts qui ne dévoile que déjections et atteintes inadmissibles à l'encontre de ses sujets et de la Nature dans son ensemble exemplaire... Seuls comptent les profits ! L'ingratitude et le pouvoir rivalisent de richesses dévastatrices ! Le Politique exhibe ici son incurie totale à  régler les choses de la Cité ... L'été portant ce constat à son apogeé, à l'acmé de toute destruction durable.