ISULA_SOLA__III_

 

PLEINE MER

 

Pleine mer
me voilà rendu     Un dernier écueil  au Levant
avant le Large
Mais à l'entour
des îles et des îlots qui s'attardent 
battus par les houles irisées  
n'est-ce pas déjà l'aventure accore 
Ainsi au-delà de tout ce qui reste encore visible
depuis la Rose
dont le souffle vital un à un
effane les pétales et les disperse vers l'in-connu

Pleine mer
tes mystères et tes secrets
plus forte que nombre des  raisons
de l'entendement
révèlent quelque étrangeté
indéfinissable et parfaite
dont je partage
les cristallines  arcanes
l'intuition majeure
qui nous comprend et nous embrasse
réunis que nous sommes
unitivement
en pleine mer
 

Plain-ciel

Sous le vent des brisants
les oiseaux risquent
tant d'échappées
sans doute pour mieux goûter
aux féeries d'un retour
comblé   à la nichée
 l'envol prometteur
dont la couvée perçoit le code vernal 
à l'abri du malin 

Une présence cauteleuse   souligne lointainement
l'orée de ton royaume
un songe de terre tant désirée
le règne des lames déferlantes
cet azur mouvant et si bleu
qu'il délivre  le vertige
l'ivresse des profondeurs éthérées
à nos  jeux aventureusement insensés

Immensurable frisson
que la mer et les touffeurs  aux rivages
de tous les étés
ne sauraient donner
mais dont la brise de terre
à l'aube      un soupçon d'aure
comme une invite
transportent avec elles jusqu'à la naissance du jour
de l'ultime sillage
alors que je destine  mon ancre
au dernier port

Pleine mer
sans barbelés    ni limites
toi qui imagines toutes sortes de révolutions
un beau dessein pour chaque rêve  Liberté
sitôt les terres absentées
et leurs tumultes distancés
que d'entre le néant et le Tout
me parvient comme un parfum de plénitude
mille vitraux    l'envers des mots
autant d'esquisses et de révélations
à verser dans de sublimes écrins
qui reviennent à la poésie de  tes Muses Océanides
comme on croiserait sans faim
vers quelque thébaïde
pour  s'effacer  en silence

Quelles autres formes d'abandon
et d'amour
rivalisent avec le grand large
dont je cours indéfiniment les latitudes
ou plus humblement
les vastes champs aux vagues si belles
et si féroces
Pleine Mer toute à la fois Lune
et Soleil inondée d'azur et de nuit
Vastité avide de solitude et de vies innombrables
dont rien ne saurait taire
ou celer les vérités
la solennelle tutelle
l'alme immanence de l'être qui en toi  et par toi divague à jamais 

!

 

MARIN - Océanique -