RUDESSES_DE_L__AZUR_

 

 

Évoquer l'Azur, n'en retenir que le son du silence. Vivre un moment l'écho évanescent des lointains et des îles à qui l'on confie dolentement ses pensées. On dit de la Musique qu'elle serait peuplée de silences ! L'Azur ou la mer, qu'importe ; en est-il  ainsi de ces deux ciels,  immuablement palpables et insaisissables à la fois, que l'hiver exalte et rudoie entre splendeurs et géhenne de l'eau !

S'y aventurer, loin des lieux communs, c'est courir  les affres de l'isolement, consentir à se donner comme  jamais  se rendre ni  se vendre au parfait dévoiement du paraître.  

Et d'entendre  l'appel de la clarté à l'aile d'un jour. Vol orphelin de la candeur, de l'innocence, en partance, résolument.

Ainsi de voguer, de courir les ciels bas et virides des grains et des éclaircies que le Ponant embrase à l'aube du solstice, en route vers Orion.

Rien se s'acquiert qui seulement se devine, s'imagine. A  l'aune de l'idée, de l'image, de l'élocution aisée, du plagiat :  tout est si facile et brille de mille feux !

Mais depuis l'infini, d'entre l'éternel et  la lumière, en ce matin des magiciens qui nous embrasse, de  laisser le verbe et l'action fusionner, transcrire sur l'azur le commun accord des années qui le désirent et mûrissent  à chaque fois un peu plus prés du ciel, de l'autre rive.  Là où,  peut-être,  l'âme semble déjà s'aventurer, oublier les lourdes contingences des bas fonds.  

MARIN - A Bord de la Folie  - Folie redoublée en ce jour d'automne où le pèlerin réécrit ce texte, sans se récrier !