CHAPELLE_EPOQUE_PALEO_CHRETIENNE_

 

Il reste  des hommes qui nourrissent et entretiennent un profond respect envers la Terre qui les porte et les aura vus naître, grandir,  prospérer sans qu'aucun accroc ne viennent fragiliser, trahir le visage  d'une a sibylline alliance.

Comme un amour indéfectible, vrai, libre, nourricier  que l'on choie et protège, au-delà de tout, hors du temps.

Il fut  aussi des hommes et des croyants qui  sitôt rendus sur les rivages d'une Terre d'exceptions, s'organisèrent et consentirent afin de satisfaire aux usages de l'exil, du renouveau, d'une autre vie parvenant au terme du voyage et de la migration heureuse. 

Cette chapelle bâtie au coeur de la roche et des sables était-elle à l'époque si près des flots ? Comment le savoir, envisager un  rivage plus lointain  ?  Les alentours ont aussi révélé plusieurs chapelles aux murs arasés, un baptistère Paléo-Chrétien, comme si cet endroit propice à tous les atterrages  eût convenu et permis de ne perdre aucun temps précieux, afin que tous les arrivants eussent reçu  le double baptême de l'accueil et de la jeune foi.

Il plane en ces lieux encore préservés, du moins pour ce qui concerne une large frange littorale, comme un  voile solennel que les brisants parfois rappellent, l'hiver. La mer ne laisse jamais de gronder, de tonner, allant  entre sablons, dunes et rochers épars qui meublent à merveille maintes anses et criques de sable blanc. A quelques encablures, c'est déjà le large, le détroit et ses houles croisées dantesques que les coups de temps drainent depuis toujours.

Que devait recouvrir et recueillir  le regard des ces hommes embarqués à bord des vaisseaux antiques, croisant par des mers fortes à grosses, à sec de toile, propulsés  à la rame, fussent-ils ouvragés en bi ou  trirèmes ou autres navires éprouvant les rigueurs de la Grande Mer, des vents étésiens, des redoutables Bora  ...  ? 

Ici, rien n'aura vraiment changé. Nous sommes en présence de vestiges. Il nous faut regarder la mer et non lever les yeux vers les hauteurs où des édifices hybrides  continuent de balafrer monts et collines de façon odieusement ostentatoire.

Passons, regardons, replongeons - nous  quelques siècles en  arrière, imaginons un instant le trait de côte qui était celui de Cyrnos ! Puissions-nous une seule fois espérer, retrouver peu à peu ce qui fut  certainement et pleinement une Terre originelle ou promise, une Île d'exceptions dont les féeries participaient  d'un monde, d'un univers susceptible d'apprendre aux hommes de bonne volonté à aimer, à chérir les joyaux essentiels de la Nature en beautés, tout en partageant le don de l'Un et du Tout.

CORSICA...GO56