REQUIN_MINERAL_PORAGHJA__2__001

 

Image traitée, brume et surtout, sujet très éloigné, soit un Zoom Optique  X 40. Le mât de la voile sur son support  donne 4.30 m de hauteur. Ramené contre le rocher, celui-ci  la dépasse très largement. La fissure dans la pierre  est très profonde, confère  à ce bloc une allure inquiétante... Une crête, une simple épaisseur dorsale eût figuré un aileron et parfait la ressemblance !

 

 

Il faut s'approcher de cet énorme bloc de granit que  vagues et  vents auront façonné, tant poli. Les éléments  auront sans  doute  poursuivi l'oeuvre métamorphique de la nature en fusion et,  à la faveur des millions d'années passées, dessiné et creusé en son milieu  une gueule hallucinante et terrifiante ; elle  vient fendre la tête de ce qui pourrait s'apparenter à un squale  monstrueux sorti des profondeurs de l'antiquité, de la préhistoire, affamé.

Les jours de forte Tramontane, ( Vent de NNE à NE soufflant en Mer de Ligurie, Mer de Balagna mais surtout le long de la côte Orientale de l'Île de Corse ), les brisants coiffent la créature lithique. Les fortes ondes de la houle percutent l'îlot en voilant son redoutable gardien. Dans une pluie d'écume, on voit comme un requin qui  chasse et qui  bave, semblant  fuser et se détacher de l'îlot.

S'en approcher  inspire toujours une certaine crainte, une défiance inopportune certes, mais c'est ainsi, la rançon du  solo. L'aventurier  scrute les profondeurs toutes les fois qu'une chute intervient.

La mer abrite tant de mystères dont nul ne prétend cerner la véracité des limites, des possibles, au-delà de l'imagination.

Apparition, présence toutes les fois insolites, perturbantes. De splendides et grands dauphins croisent en ces eaux et il n'est pas rare de les voir émerger, réaliser de  superbes sauts au-dessus des moutons  et des vagues. Tout va  alors le mieux du monde ! 

Univers, dédale, labyrinthe  pétré, les îlots poursuivent loin dans la mer  bossuée un rêve de terre-mère oubliée, vaincue par les lames, ne laissant  jamais plus révéler  que l'échine et  les os  de vieilles collines, de pitons granitiques.

Les fonds accores exacerbent les bleuités et les camaïeux  des étendues ondées. La mer Tyrhénienne prend ici les nuances safres, parfois violacées ou bleu-turquin qui eurent ravi et comblé  les teintureries de Tyr et de Sidon, ravivé dans ma souvenance nos quêtes passionnantes de murex, à Carthage, vers Gammarth. 

Après tout, seul en mer, délirant par le vaste détroit, la mythologie et la légende s'invitent encore, toujours, plus que jamais ; d'où les charmes et les fascinations d'un Orient que l'on eût souhaité intouché, proche, immarcescible...

Ainsi va le petit esquif vélivole ; de découvertes en rencontres insolites, voici que mille fenêtres s'ouvrent  sur les Mondes en péril dont les velléités de protection des décideurs ne seraient  que vitrines et façades, les derniers sursauts d'une authenticité à laquelle on voudrait croire jusqu'à demain.

MARIN - Autour d'une Île à part - 

 

Un voile d'embrun anime  ce troublant figement. Méduse, Gorgo,  aurait-elle pétrifié quelque monstre marin lui disputant les lieux ? Le emps des siècles s'est arrêté, place à l'imaginaire fantasque des choses de la Nature...

 

LE_SQUALE_DE_PIERRE_