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Le Pêcheur et la  Barque

Ils s'en rentrent des heures fraîches de l'aube et de l'aure ; cette brise qui point avec le jour et qui déscend le cours des vallées, vers la mer.

Ils sont deux à bord. Le nautonier, dans la posture ancestrale du barreur et son compagnon s'affairant déjà à récupérer le poisson pris dans les  mailles du filet.

S'il est quelques casiers servis, on attendra le quai pour les alléger de leur contenu incertain, prometteur. En ce moment déjà si lumineux que le vent  de terre  égare, par le sillage de la barque qui se faufile entre les amas de rochers parsemés sur l'azur, il se dégage une sensation infinie de plénitude et d'accord avec ce qui est, avec ce qui guide en vérité.  

L'artisan aura été à l'oeuvre déclinant en chaque geste, son quotidien de prises et d'attentions  envers la manne immensurable. Ici, point  de chalut, de massacre, de dilapidation sans vergogne du trésor sous-marin. Le pêcheur choisira  avec  métier ses emplacements ; le temps et les marées, les moments de la lune décident et opèrent ce qui sera bon pour lui. Ainsi  se déroulent depuis des décennies, des  siècles peut-être les pans d'une exemplarité souveraine, un rituel légitime, garants à la fois de  la diversité et des  biotopes qu'ils investissent sans accrocs.

Ainsi de la saine mesure, de la sobriété, de la sagesse à prélever  dans les immenses prairies marines le tribut d'un jour, d'une fête, d'une noce, en ces instants de liesse  où on loue le saint patron de la profession.

Scène rassurante. Du moins convient-il d'y croire,  d'espérer pour  ces lendemains de provendes intarissables...Il est encore des lieux, des grands espaces préservés, à protéger, à étendre partout où les hommes du capital et des profits auront tout saccagé. La mer et les océans ont à jamais ce pouvoir régénérant dès lors que l'on suit ensemble les desseins de la sagesse et de la sobriété.

A bon entendeurs 

Ghjorghju d ' OTA