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La croix, tout un symbole,  un paradigme,  quintessence de toute rencontre pour le marin, le nomade, le pèlerin. En elle invitons la métaphore heureuse des mots croisés, la poésie qui initie à l'orée de la pensée. N'est-il pas un point de partage élevé au ciel qui situe et apaise sur le chemin des étoiles ? 

 

Regagnons lentement  le large, l'immensité, cette ligne ou le temps et l'espace se confondent, fluctuent, inaccessibles comme l'éternité.

La brise s'essouffle, peine à gonfler les voiles. L'inertie de la lourde coque aidant, le bateau s'éloigne des terres. Le friselis de l'eau envoûte, incline la rêverie. Tout n'est que parfums d'iode et de sels.

Une île semble déjà  flotter sur son  épaisse écharpe de brume. Elle s'élève dans le ciel vespéral, devient si haute et si lointaine à la fois tel l'adieu.  Lumineuse épiphanie ? 

La chaleur  est accablante ; point de Sirocco ni de vent Marin mais les prémices d'un été brûlant sur fond de modernité exacerbée, catastrophée.

J'imagine depuis l'espace, une bande, une poche d'air infime qui ceint Planète Bleue, sans aucun autre  évent possible que celui du cétacé. A l'intérieur de ce cocon jadis prodigue et sain, l'humanité  en marche vomit, répand comme elle  souffle miasmes et haleines carbonées qui attiseront bientôt les fureurs  d'un enfer insoupçonné. 

Il ne sera plus ici-bas  de royaume de l'ombre mais celui de la lumière aveuglante de l'atome, des rayons de soleil embrasant l'ozone.

 

Ainsi de la mer et des océans dont les nobles desseins eussent pourtant  appris aux hommes à vivre l'harmonie des cieux, les noces de la terre et de la mer, sous l'égide de l'eau  et de l'air vénérés.

Vanité, dominance, hégémonie, propension à la conquête, à l'accaparement,  culte de la richesse, excès des sciences et des  techniques,  faire-valoir auront  résolument dévoyé l'alliance fondamentale et  essentielle qui prévaut  entre la vie et le substrat.

Comment les puissants de ce Monde laissent-ils de raison  commettre l'impensable suicide, tergiversant çà et là au gré des échéances et des mains basses électorales ? Comment user de la langue de bois et des effets de communications que la nouvelle ère de l'information relaie tout azimuts ? 

Comment accepter au plus haut niveau que le pacte soit rompu entre la Nature qui nous abrite et le système dominant de l'ordre établi, du nouvel ordre mondial sujets aux fluctuations d'appareils et aux menées des systèmes lucratifs  ! Comment concevoir et  démontrer que chaque génération demeure  embarquée sur le même vaisseau. Ne s'agit-il pas  du même voyage, de cette odyssée unique et  à la fois commune dont il convient de partager justement et dignement les révélations, les offrandes, les promesses de la prospérité attendue ? 

Un tout qui interpelle, interroge, dénonce une réalité fragile. Les grands équilibres tutélaires sitôt renversés n'ont  pas d'âge, défient le temps, la création hasardeuse. Ils répondent pourtant  à une mystérieuse nécessité vitale tandis que nous  tuons, massacrons, évinçons, détruisons, souillons, asséchons...!

Un joyau dont on ne mesure certainement pas les multiples facettes, les points de rencontre  d'un  miracle cosmique.

MARIN -  Nouvelle Épiphanie pour  Océan-Mer -