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LA TER(RE)-MITIERE 

 

 

Il est 7h45 , heure locale. Le jour se lève sur un matin d'été pourtant insulaire. Une forte vague, une longue période de chaleurs, des pics inégalés ont sévi durablement sur tout l'hexagone avant de se commuer en un épisode de  Canicule intense. Les restes de ce système de choses infectes continuent d'errer vers l'Est  et le Sud-Est du pays. Voilà pour le contexte déraisonnable de la raison raisonnante et de nos modèles contre-nature.

Nous portons notre regard vers l'Ouest, les hauteurs d'un massif balafré par une immense  carrière, vorace, sur le point de dévorer une montagne entière !  Un véritable et terrifiant  miroir réfléchissant les touffeurs depuis le tuf mis  à nu ...

On dit qu'il y a, au-delà, la mer et ses horizons éminemment bleus ... Nous ne discernons dans les lointains qu'une nappe informe de nuages étendue, glauque, monochrome, dont les voiles s'étendent, se répandent comme un fumet poisseux, répugnant ; c'est le ciel, le tribut de ces deux semaines de folies, depuis les  incendies gigantesques qui ravagent le Portugal et aujourd'hui le Sud de la Péninsule Ibérique, entre autres sombres menées vagabondes.

Dans le ciel, 110.000 avions, chaque jour, dilacèrent l'azur et laissent à la traîne leurs millions de tonnes de Kérosène brûlés, volages, conquérants, retombant  en pluies acides comme hécatombes sur le sol...!

AIR_POCALYPSE 

 

Parlons du sol, de la Terre-Mère  ! Outre les millions de kms de voies et de routes aux multiples boyaux de front  vomissant la sanie des villes, les gigantesques parkings asphaltés de la grande consommation qui se gavent  à n'en plus pouvoir demeurent, surchauffés, emmagasinent la chaleur pour la restituer tel un souffle souffré  infernal ! Il étendent leurs  surfaces de façon tentaculaire en louant  le passe-droit, la prébende sur front  électoral resserré.

C'est la Grand Messe, le rêve con-sumériste des étés caniculaires qui augurent  d'un futur hallucinant.

Les vieilles maisons de pierres taillées de nos villages, aux larges murs,   ne régulent plus ces variations thermiques  qui leur sont inconnues.

Dans le jardin, les fourmilières travaillent la nuit, se terrent dès 10 heures locales ...! On entend plus les oiseaux ; ils ont migré vers les hauteurs, près des ruisseaux.

Deux, trois, quatre douches quotidiennes n'y feront rien, la nuit, 32 ° C à l'intérieur, sans climatisation, bien sûr, pour préserver un peu l'extérieur ! Maux de tête, malaises, brûlures sur la peau, l'Ozone est au zénith mais on se tait, tourisme oblige, c'est la Grand Messe  des tiroirs - caisses ...!

La Canicule  persiste, grevée d'une hygrométrie amplifiant le ressenti de la chaleur, l'air des routes et des agglomérations envahit les campagnes, l'aube sent mauvais, le crépuscule rend gorge avec une haleine fétide, âcre.

Qu'allons-nous laisser aux petits enfants si ce n'est qu'une gigantesque Terre-mitière ! Pourraient-ils enfin rêver de mesure, de sobriété, d'un temps étalé, sans frénésie, recouvrant  un peu  de nature et d'espace vert, ces joyaux dont  parle  avec tant de poésie, de sagesse et de conviction Pierre RABHI...

 

Témoignages pour Ère - Pocalypse 

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