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"  Être d'eau et de feu, Pensée fusionnelle, que le jour et la nuit t'accordent l'éternité à portée d'un seul mot, d'un seul regard  !  " 

 

 

 

Que je me pose ainsi, à l'orée d'un jour nouveau, face à la mer. Comme un dessin de Moebius  marchant sous la lune, je vais à la rencontre du plus grand des alchimistes, interroger les desseins du ciel ...

M'en allant et voguant par leurs  jeunes clartés, en quête de cet ailleurs, je me ressource comme  je divague aux pieds des vestales de la terre en pleine mer. Et de vous rapporter des îles in-habitées le fruit iodé de nos pensers. Puissent-ils vous apparaître fidèles et vrais comme ils me sont prodigues ! 

J'assiste au lever du soleil. Pour-suivre la course du char-Hélios qui surgit  et qui se hisse dans la splendeur originelle des astres morts. Je suis de  la nuit profonde du solstice et de l'horizon qui naît le temps d'une rencontre.

Il émerge, épure, d'entre toute rotondité. Révolution perpétuelle, révélation dont le disque parfait, démesurément  incandescent empourpre le dai des nues aux galbes vaporeux, taillées par les vents d'altitude. 

Pressé de régner sur le jour, depuis l'autre côté  des mondes, Hypérion  nous revient de l'infini, embrase le ciel de ses aubes sacrées, puis gagne le zénith en maître absolu, au plus haut des cieux et des rêves d'antan, de toujours.

Venus s'attarde, glisse sous le vent du Cap, vers l'achipel Toscan. Majestueuse épiphanie de la lumière hallucinant les beautés sublimées de l'immarscessible jeunesse des mots qu'il me reste à ramener de l'empyrée ! 

J'ai vu tant de bateaux-villes  illuminés, le peuple conquérant l'empire des mers  sillonner, traverser l'été et la pluie des étoiles en se croisant, poussés par le vent puissant de la Ligurie.

Il plane alentour  un silence abyssal que le phare dénude  jusqu'aux confins  de la solitude et de l'espoir ! Tant d'âmes, enfin délivrées, parviendront à  bon port ce matin. D'autres sombrerontn, naufragés de l'exil ...

Sur la mer de toutes les dérives, l'aube et la longue traîne soulèvent leurs longs voiles d'embruns. Ô linceuls évanescents !

A terre, l'heure est aux chants des grillons, au réveil mélodieux des passereaux, aux rainettes et aux grenouilles qui coassent  en convolant autour d'un songe lacustre primordial.

Féerique sursis que l'ancienne oliveraie emporte, elle qui ne donnera  plus jamais de fruits et dépérit avec ses secrets. 

Et pourtant, l'étoile du berger, toujours de bon augure scintille  dans les transparences aurorales du souffle de la grande bleue et des monts verdoyants.

L'amer et l'étoile veillent dans le jour revenu, affole la course des nuages  qui  s'étirent en pannes immobiles malgré la tempête.

Et les vagues ivres  de vastité, affriolées, déclinent  la perpétuelle noria de l'azur en cavalcadant aux rivages.

Sur les flots  turbulents, par la brume salée  des tourbillons  que dorent les premiers rais orangés,  le soleil pénètre profondément les fonds marins de schiste vert ; et c'est la nuit qui paraît à nouveau tomber, comme un dernier adieu, depuis le champ de l'exil où tant d'espérances se sont couchées en fuyant l'hécatombe...

Une Île, comme un destin, un vaisseau, un phare dans la nuit qui nous eût réconciliés, de passage sur la mer universelle.  

Le chant des cigales inonde comme il remonte la basse vallée des jardins, les pierriers des hameaux dévalant chênaies et  bois d'yeuses. 

Aurais-je voyagé

?

MARIN -  De Passage -  En cours d'écriture, à bord de la Folie des -illusions ...

 

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