L__HOMME_ET_LE_LOUP_

Bien des solutions existent, dignes de l'homme, de celui qui défend la Nature et l'ordre immuable des choses qui ne lui appartiennent pas . Notre époque recèle une foule de moyens destinés à faire cohabiter sereinement les espèces, les formes du  travail  rural sans invoquer haut et fort la mesure facile, expéditive, à moindre coût : c'est odieux... Même si notre Site / Blog se consacre à la Mer et aux Océans,il n'en demeure pas moins sensible aux forfaitures perpétrées sur Terre, contre la vie sauvage. Il devient insupportable d'exister tout autour de la souffrance humaine et animale

!

 

 

Afin que nos Politiques se penchent de façon plus intelligente, raisonnée, éclairée,  sur le problème épineux de la survie des Loups, nous les renvoyons à ce texte de René CHAR !

Un texte admirable qui n'aurait d'égal que les inclinations d'un siècle à venir de co-naissances, d'équitables évolutions, de justes progrès, d'intelligences ...

Mais l'idiotie est ainsi faite qui préside et commande aux funestes injonctions préfectorales ! Ainsi de lâcher les hordes ataviques ancestrales à la recherche de la tanière, du petit loup, du couple fidèle que l'on massacrera en jouissant, par dizaines. Un meurtre officialisé, institutionnalisé, légalisé ! Réalités paradoxales d'un cauchemar sans fin...

En guise de corridor, la haine baveuse du chasseur repus de sang et de chair fraîche, le trophée au bout du canon, brandissant l'archétype vaincu de la vie sauvage ! La précarité de la vie mentale encombrée des contes et légendes a la vie dure... La terreur attisée, du commun accord des armes faciles, le meurtre est ainsi commandité  depuis les plus hautes sphères de l'Etat.

 

MARMONNEMENT

 

Pour ne pas me rendre et pour m’y retrouver, je t’offense, mais combien je suis épris de toi, loup, qu’on dit à tort funèbre, pétri des secrets de mon arrière-pays. C’est dans une masse d’amour légendaire que tu laisses la déchaussure vierge, pourchassée de ton ongle.

Loup, je t’appelle, mais tu n’as pas de réalité nommable. De plus, tu es inintelligible. Non-comparant, compensateur, que sais-je ? Derrière ta course sans crinière, je saigne, je pleure, je m’enserre de terreur, j’oublie, je rie sous les arbres. Traque impitoyable où l’on s’acharne, où tout est mis en action contre la double 
proie : toi invisible et moi vivace.

Continue, va, nous durons ensemble ; et ensemble, bien que séparés, nous bondissons par-dessus le frisson de la suprême déception pour briser la glace des eaux vives et se reconnaître là.

 

RENE CHAR