OEUVRE__TCHOBA_

 Oeuvre  //   TCHOBA 

 

Antonin ARTHAUD 

"   Il y a dans tout dément un génie incompris dont l'idée
qui luisait dans sa tête fit peur, et qui n'a pu trouver que dans le délire
une issue aux étranglements que lui avait préparé la vie.   "

 

A mon Frère, Michel, cette pensée qui sourd de la même prison d'azur !

 

 

Dis-moi       quelles limites
quelle échéance    de chemin
espères-tu encore côtoyer
Ne devise plus
interroge
le charroyeur
qui mène son tombereau
cahotant
ahan après ahan
sur la voie de l'absurde
en fauchant les ans

Devers toi         l'illusion
existentielle
Ne te retourne pas
vole vers la rime
au geste salvateur   sans le code     qui ne se lisent
qu'à l'orée du Ciel
Au fil de l'éclipse 
traverse le chant solaire  des vagues
l'harmonie s'y fait source lovée
létale transcendance

Ainsi renais-tu 
à la manne intemporelle
infiniment petit et grand à la fois
loin de paraître
en divorçant d'une époque
aux figements
que l'artifice et la vanité
halent sans fin
sur les rails tortueux du parjure

N'oublie jamais

Que ton empreinte soit
sérénité   songe     long sillage
trouve la mer de la tranquillité
Ce que tu sèmes d' allants
ne relève point du germe     ne sourd pas du  baillon
mais de la saine semence
de l'infime brin de sagesse
qui mûrit    insigne trace
 parfum
printemps comblé

A la recherche du Message
de ce temps perdu
à ignorer la moire cachée des mots
comme on oublie un poème
Puisses-tu en émonder la gangue
revenir à la vérité de la bogue
au coeur retrouvé
des plus simples choses
à offrir en partage
autour du foyer

Quelques passagers de sang
auront rompu au  lien
approcheront un jour
le dédale les clairières  de ce penser
obscurément hermétique
Le silence pour guide
ils chemineront
entre les lignes brisées de l'absence
et de ses champs mutiques

Ne t'obstine plus

car il n'en serait que de vains ébats
Regagne en profondeur
les hauts-de-ciels ondés
Fie-toi aux vertiges du départ
La voie qui élève est droite
et sans détour
telle la clarté de la  Lune 
à la Terre
baignée de vents
happant et  recouvrant
ses pèlerins-migrateurs

§

 

MARIN - Enigmes - 1 ère Ecriture - Penser hermétique pour un poème à l'amer ... !