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Création /  Mr DUBOIS Ivre - Bois Flottés Île de CORSE ... Concept  mixte, ici dans sa version cirée ! Le meuble doit encore s'éclaircir à la faveur  d'un autre passage à la cire d'abeille pure et incolore, ( Qualité supérieure oblige ). Nous remercions Mr DUBOIS Ivre pour sa contribution.

 

 

  • " La solitude / Ne plante rien : elle fait mûrir... / Encore te faut-il en plus l'amitié du soleil. " /
    Friedrich NIETZSCHE 

 

 

Et  nous confie : 

_  "  J'ai tenté de panser un à un les souvenirs sans y parvenir ! Et pourtant, le lieu s'y prêtait, malgré la canicule tenace, sous le vieil olivier, au coeur du chaos de pierres chauffé à blanc... Quelques passereaux vinrent me visiter, quelque part, en enfance peut-être. Ils écoutaient aussi le bois qui chantait  sous le rabot et la varlope. Nous en humions les parfums qui montaient du vallon. La colline et la chênaie  obombraient et en rafraîchissaient l'ubac, avant les premières touffeurs d'un été odieux.

Il me parvenait des incendies l'odeur âcre des essences brûlées, lentement consumées. Des étendues de forêts et de maquis partirent cette année là en volutes de fumées sombres, dévorées par des flammes meurtrières.

Et la brise se levait, laissant échapper de l'arbre vénérable quelques olives rabougries qui ne parviendraient jamais à maturité. Hécatombe sur le sol dur et poussièreux,  funeste pluie de l'oliveraie condamnée à sécher, à figer sur pieds  !

Les temps ont bien changé.

L'été s'éternise au diapason du bourdon, de l'absence, de la solitude, de ces  beautés  imprescriptibles  qui nous regardent passer et  traverser la route ... !  Alors et ainsi s'oublier en regardant les mains métamorphoser le vieil ouvrage, dépasser les facéties  d'une souvenance irréversiblement  blessée. On y parvient, au prix d'efforts parfois pénibles, au point du jour ...

J'aurai tant de fois foulé les quelques mètres du chemin qui mènent sous la frondaison silencieuse,  aux pieds des montagnes elles aussi désertées des estives et des transhumances. Je les  regardais, si belles, dans leur écrin d'azur en craignant qu'elles ne s'enflamment au plus profond de leurs atours primaires, originels, vers les  plus hauts sapins du massif qui offraient jadis un toit sous la Lune de juillet !

Que la sapinière vive et prospère longtemps entraînant avec elle la source et le ruisseau, le chant des oiseaux, les fleurs et les champs de fougères ondoyant sous les étoiles, mille petites créatures de rêve qui virevoltent  autour d'un divin dessein, en chemin, en route vers la Voie Lactée.

Et de là, revenir à son ouvrage, veiller la métamorphose, s'atteler à l'idée recomposée, à la renaissance d'après la fracture. Rejoindre  cet autre soi-même voguant sur  les flots, entre les  vagues, puis en sublimer le galbe et la courbe qui siéent désormais à la relique champêtre, au meuble délaissé  et poussiéreux des greniers ...

Lui redonner comme la couleur du miel en évoquant le nectar cher à Garcia Lorca, ces  quelques fantaisies accordées qui ravissent  et apaisent à nouveau le lien. Le lien ne saigne pas. Il pense et n'oublie jamais la petite voix qui  aurait dit tout bas  : "  Tu m'apprends,  dis  " 

?

!

MR DUBOIS IVRE

Pour 

CORSICA...GO56