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 "  La voile est au vaisseau ce que l'âme serait à l'éternité. Tout au long de l'existence, en ouvrir les fenêtres, les hublots, les meurtrières, au-delà tous les  vitraux  "

QUI QUE TU SOIS 

 

 

Je t'écris      depuis l'antre de la nuit
à la lisière d'un sommeil léthéen
avant que d'être      à naître
le jour d'après     le chasme
l'absence
des grandes solitudes
ou de  la réclusion   à perpétuité
Mais sache qu'en toi        par toi
je garde espoir
envers et contre toute autre attente


Et si je partais    avec toi  délivré 
nous laisserions     ici-bas
le faix de la douleur
et du naufrage
les artifices douteux
de l'éphémère       de la durée
cette vaine finitude
dont se parent
orgueil et vanité
que fustige à toujours l'Ecclésiaste

Emportons le parfum
d'un baiser       à la rose
à la fleur et ses épines
en beauté
Ensemble nous l'aurions osé sans faillir 
auprès du petit Prince
N'en déplaise
au Matin des Magiciens
pour le Meilleur des Mondes
ou quelque Radieuse Aurore

Au penser pesant qui n'est déjà plus
que l'ombre de soi
embrasement du coeur
ou feu de pailles
Je te devine    éternel sourire
d'après l'arc de la foudre
L'éclaircie s'est complu
en découvrant un Ciel
immensurable 

Loin de nous    la chose l'objet 
périssable
le prix fort à payer
à l'heure d'embarquer
pour l'horizon perpétuel
Le besoin est las     qui  s'essouffle 
L'impitoyable nécessité
ne commande et ne préside plus
à la destinée insaisissable
qui veille
par - delà  le  paraître

Qu'importe
les années mortes
quand l'unique accord suffit
à dire la clarté
des infinis
une  folle pensée      
Voici  le berceau des anges
qui s'en reviennent
de l'invocation au croissant de Lune

A toi    qui ainsi nous lie
pas à pas
pourquoi tant de mots
et de phrases qui vont et s'égarent
si ce n'est retranscrire
l'ineffable   la légende 
Les termes de l'énigme sublime 
enfantent encore
à l'orée du dernier rêve

Évanescence    légèreté habitée 
vagues  embruns au  linceul  entés 
ce qui semble 
au-delà de tout ce que nous fûmes
l'un envers  l'autre
dépasse  l'épreuve des sens   et de  la tentation 
nous enivre d'essence  et d' encens 

Que viennent la poésie     ton  langage 
La migration étrange embarque aussi 
avant l'heure
Prémonitions que vos univers  imaginaires
dont le guide aveugle
foule déjà la fulgurante vérité
du passage
Et la Lumière  point

Peut-être  et qui sait
sommes-nous déjà parvenus à destination
allant au devant du message
à ta rencontre
Le Tout n'aurait point choisi
l'irrévocable viatique
la terre et la pestilence
le souvenir et puis l'oubli
néantisant ainsi à l'envi


Mourir   Oui   déchoir     la belle affaire
en mer   en terre      seulement pourrir
quel banal
Mais te rejoindre     tout laisser
ici qui ne vaille ton attente
et quand même    maintes vies
ne sauraient défier la fulgurance
de l'instant 
qui nous rejoint à toujours   étincelle


Ainsi     de deux moitiés
rendues à l'Un
depuis qu'elles se livrent à la découvrance 
sans laisser ni traces
ni autres empreintes
que la Foi aurait blessées 

Sagesse
âmour    que  la transe du geste transcende
envol ou  plain-chant
au tréfonds de l'expression
d'un regard
de l'art de la vie commuée
une voix  une volonté animée
longuement dévoile ta voie 

§

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