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 "...   Je me suis souvent reposé sous  l'épaisse frondaison  du genévrier. Les vagues chantaient. Je partageais un repas frugal,  avec quelques rouge-gorges si familiers ; ils ne sont plus ! aujourd'hui,  je ne fais que passer sous un soleil ardent. Le maquis littoral reste sans vie. L'insecte et le lézard endémiques se terrent. Le sable de la dune brûle. Vers les hauteurs, l'incendie orchestre un chant funèbre de mains  brûlées en supplication.... "  

CGC 

 

Une masse d'air  inamovible, une chape dont les miasmes et les gaz de l'industrie auraient mondialement modifié l'atmosphère !

Et le ciel demeure aussi bleu et profond que la mer et  l'océan, peu à peu dépossédés de la vie ... Les vues de l'Espace demeurent si belles, certes, désormais : jamais vraies  ! gommant comme par magie la forfaiture et la souillure.

Quand au sol, sur la terre damée et si dure des redoutables sécheresses, les arbres à baies vénérables sèchent,  se figent sur pied.

L'oiseau ne se pose plus sur la plus  haute branche oscillant dans la brise saine et cristalline  d'octobre. Voilà un autre  ciel,  aux effluves acres du fer, de l'acier en fusion, de l'or noir lentement et  massivement calcinés que les oiseaux migrateurs fuient, que les passereaux innombrables désertent.

D'entre  les adrets, les ubacs, retentit l'écho des détonations. Un écho  interminable répercutant la mort de la vie champêtre, la vie qui s'en est allée,  depuis les fonds marins dynamités  aux cimes altières d'une île en sursis. Je n'ai plus rencontré le vol  en essaims des pigeons voyageurs, des lourds ramiers !

Désormais Ex-île pour migrations saisonnières massives et sursitaires.

Le sort des derniers refuges est d'ores et déjà peu enviable. La nature aux abois ne parvient plus à cacher  ses blessures, les marées  de déchets, l'épidémie de verrues qui la défigurent.  Notre regard  témoignera !

L'arbre abandonne aux ciels des saisons, aux heures du jour,  le triste spectacle des mornes figements de la sécheresse et des terribles incendies.

Ne comptez  pas sur  moi pour valider des décennies de tragédies, valider la forfaiture, la pouriture, l'opprobre. La Nature et ses habitants valent mieux que tout cela. L'argent pue quand il bafoue le respect de la vie, l'eau, l'air, quand il dilacère le visage originel de la Terre

!

" L' Homme qui plantait des arbres  " 

Pour 

CORSICA...GO56