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Le poème de la mer ne s'invente pas ! Il se vit au coeur de l'élément avant que de toucher le rivage. Puis il éclot. Regard océan, qui vague et muse !... Qu'importe la distance qui absente  quand les vents furieux, les hautes lames, les vrilles de la vagues, les brisants   convoquent la mort, l'invitent comme si elle se devait d'être, pérennel ballet des ombres  ?  Ce n'est certes pas les  hautes latitudes mais les solitudes ici  rudoient, rassemblent  les ténèbres. Oui, ce jour - là, je vis  comme je vécus la mer en poésie,  quand chaque bordée enfantait d'un lien spirituel.

 

 

 

"   Un avant-goût d'infini  ou  d'éternité
que la solitude d'une pensée  croise et traverse
comme la navette dans les mains du pêcheur
ouvrage l'épervier, augure de la chaîne et de la trame des jours vrais !
Marin, n'oublie jamais  que l'apnéiste ne parcourt  qu'une " centaine d'amour " sous la surface de la mer, en profondeur et s'en revient de la nuit des temps, de plus loin  que tous les bouts de la terre réunis, à toujours émerveillé  " 

 

Vois l'extrême dénuement 

vers toi     qui me porte                  humblement
Je sillonne tes entours
ondés
Mille citadelles
éprises de vertiges
guident les folies
d'une alliance                        minérale

J'arrive
homme de barre        équipier
tantôt solide mâture          tantôt haubans
folle bôme            puissante écoute
L'étrange carène survole les vrilles de la vagues 
comme l'oiseau des tempêtes coudoie
cauteleux
un mirage et sa voile

Unique est le joyau
et          demeure
enceinte      sertie d'écume
où muse un ballet de fées
au coeur de nulle part
Que l'infini-azur  soit
éternel royaume

Puissé-je t'accorder un dernier regard
En aurions-nous vraiment
partagé le chant
souligné les beautés
au-delà des mots              nus
et   des nues
fils d'un jour
et de l'exil      lointainement     revenu

Une île
fidèle reflet      soupçon      mais dives bleuités
t'en souvient-il
Sibylline remembrance
encensant les jeux        sublimant la mort
dont l'extravagance
sans fin
repousse l'horizon
exalte l'autre rive

Va          vague
ose l'ellipse            embrasse
terre et mer        tournoie dans les airs
Une île renaît à la semblance
de l'espérance
loue tous les sonnets à la Lune
et y consent
dès le jeune croissant des années lumières 


Croise     marin        regagne le large
aux ors du matin                          danse
La brume enfante les songes
ravit l'étrave et le champ           dense
des caps
Que tu sois
à jamais     l'ondoyé
et de leurs messagères      à toujours
mystérieusement   ailé

§

MARIN - Terre d'Ex-Île  -