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Je ne vous cacherai pas que l'écriture flua tel le tonneau de vin que l'on débonde, comme un coeur,  entre superbe de la robe et précieux vertiges  de l'azur, pèlerinage de l'ivresse  ... Puisse ce texte vous souhaiter à Toutes et à Tous de passer, en Famille, de splendides et inoubliables fêtes de fin d'années ! Demain, 2018 sera un autre jour égaré dans l'immensité du néant

!

 


La roche ruisselle         De profonds sillons
dévoilent à nue l'empreinte des Titans
Et monte des millénaires un pérennel plain-chant
La vie s'écoule      comme l'eau claire chantonne
Son cours apaisé accomplit
fidèlement les desseins du printemps
Ainsi du cycle tutélaire des choses invisibles
que la mer ravit  et rend indéfiniment à la beauté 

 

Une terre ocreuse que le couchant safrane
Des arpents parcourus de vignobles antiques
et sains          lentement ouvragés
dont le pampre   en automne       exalte les astres
fascine l'azur des hommes de pierres      jadis nommés
là où cols     estives et sommets           délinéent sans fin
métamorphoses et fantasmagories minérales

 

Je me suis rendu à l'orée d'un vaste domaine
Ressouvenance          Remembrance
Il me parvint alors de lointaines fragrances boisées
Le torrent se révélait odoriférant
enfin revenu d'un été torride
des morsures d'une terrible sécheresse

 

Rien n'aurait donc changé         depuis les alpages
dont on devine encore       vers les combes
les sentes égarées
les joyaux de la transhumance
un havre de sources obombrées

 

Des hommes sont revenus de leur passé
Ils ont recouvré la mémoire      avec l'outil
puis réhabilité l'art ancestral des vignerons
Aux pieds du château         du village médiéval
rebâtir ce qu'il restait de l'ancien vignoble
le chai       les dépendances en ruines        devint vital
Les fûts de châtaigner qui débondaient
le nectar rouge garance des origines
furent remplacés par de nouvelles cuves de chênes
Et les cépages auront été passionnément mariés
comme on créa de sibyllins mélanges affolant les sens
La terre fut toute essence                 si riches de senteurs     haute en couleur dans la mer

 

Les saisons     lentement        vont caressant les desseins
des vendanges          réveiller les sucs du noble terroir
Le vin est tiré            la récolte tiendra ses promesses
pour le solstice d'hiver        Et la lumière jaillira
des vrilles de la vigne
des branches torses ployant sous la grappe mûre
gorgée de fruits
Quel plus beau pacte d'alliance         L'amour en rêve
l'amour songe et délire
emporté dans le tourbillon des saveurs enchantées

 

Mon âme  ici-bas       d'entre toutes les nourritures terrestres
se joint un moment à la symphonie pastorale
ressuscitant à jamais le premier baiser à l'aimée
Que ma Lyre     immensément humble       renaisse
à l'alme fougue de nos caresses       ivre et tant aimante
Qu'à ce délectable breuvage nous versions dans l'oubli
comme aux léthéennes retrouvailles des oliviers 
Rompons à la solitude des ans     privés des entraves
et des liens douloureux du sang et du parjure

 

Il est des jours      des années qui vont en enfer
l'attente et l'absence aux carreaux d'une vitre
y ont laissé comme le souffle de prénoms susurrés
Dionysos      aide-moi      Faut-il    désormais clamer 
combien je t'aime     Je crois en l'unique verdict
de ton élixir
pour me soumettre sans frein ni entrave
une dernière fois        au feu numineux  du destin 
de ton immarcessible jeunesse

 

 

 

§

 

MARIN - Délires - Poésie à la Terre de Corse

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